Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄

Τίτλος:Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄
 
Τόπος έκδοσης:Κέρκυρα
 
Εκδότης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
Συντελεστές:Δήμητρα Πικραμένου-Βάρφη
 
Έτος έκδοσης:1983
 
Σελίδες:324
 
Θέμα:Επιστολές προς Εϋνάρδο, Λεοπόλδο του Σαξ Κόμπουργκ και Μιχαήλ Σούτσο
 
Χρονική κάλυψη:1829-1831
 
Άδεια χρήσης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
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ΙΣΤΟΡΙΚΑ ΚΕΙΜΕΝΑ

ΑΡΧΕΙΟΝ ΙΩANNOY ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙA

ΤΟΜΟΣ Ι΄

ΚΕΡΚΥΡΑ 1983

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ΟΙ ΕΠΙΣΤΟΛΕΣ

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 419-421.

[Ο Ιωάννης Καποδίστριας ενημερώνει τον I. Γ. Εϋνάρδο για τις νέες δυσκολίες που αντιμετωπίζει, οι οποίες οφείλονται στις καταστροφές του φρουρίου του Ναυαρίνου που προκλήθηκαν από την πτώση κεραυνού. Ο Κυβερνήτης δεν έχει ακόμη ενημερωθεί για τις διαθέσεις των Μεγάλων Δυνάμεων σχετικά με το μέλλον της Ελλάδος.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 28 novembre/10 décembre 1829

Mon cher Eynard,

Vous recevez aujourd’hui le duplicata de ma dernière expédition, ainsi que la copie de la circulaire que j’adresse à Messieurs les amiraux et au maréchal Maison.

Le Ciel a réprouvé le départ de la brigade française des places de la Messénie. La foudre a fait sauter les poudrières de Navarin, et avec elles les forts que les ingénieurs de l’expédition avaient mis dans le plus bel état de défense. Cette place est désormais ouverte, et elle est la clé du Péloponèse. Que fera-t-on maintenant? Le général Schneider a été spontanément au-devant des vœux que je lui ai exprimés. Il a démontré au ministère de la guerre que la Grèce n’ était nullement en état de rétablir cette forteresse. Il lui a de plus marqué la dépense et envoyé le plan des travaux. Mais ce n’ est pas tout. Il ne suffit pas d’un

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ingénieur et de l’ argent; il faut encore des ouvriers disciplinés et capables, et nous n’ en avons pas. Le roi mettrait donc le comble à ses bienfaits, s’il daignait laisser encore pour quelques mois ou du moins jusqu’ à la belle saison le peu de troupes qui restent encore en Grèce, et qui devaient former le dernier convoi. Je crois qu’elles s’élèvent tout au plus à 1.500 hommes.

J’écris aujourd’hui au général Maison. Voyez ce noble et généreux ami de la Grèce, et tâchez de faire, selon les directions qu’il se plaira à vous donner, tout ce qui est possible pour que le désastre de Navarin ne frappe pas de nullité les sacrifices que la France a faits pour restaurer les places du Péloponèse.

Nous sommes ici sans nouvelles sur notre avenir. Les intrigants du dehors, et leur nombre augmente tous les jours, répandent toutes sortes de bruits, qui jusqu’à présent n’ont eu aucun succès. Le peuple est tranquille, il place sa confiance dans le gouvernement. Il s’occupe de ses misères, et s’efforce d’en sortir. Je ne réponds cependant pas des suites fâcheuses que peut avoir cette crise, si elle se prolonge, et si l’on continue à l’aggraver par des émissaires qui empruntent souvent un caractère moins équivoque. Ce peu de mots vous donnent la mesure de l’impatience avec laquelle j’attends vos lettres; je n’en ai pas reçu depuis celle du 26 octobre. Vous trouvez ci-jointe la lettre que vous adresse le sénat. Elle vous porte l’expression bien sincère des sentiments qu’inspirent vos nobles et généreux efforts en faveur de la Grèce.

P. S. On prétend savoir ici que le prince destiné au gouvernement de ce pays est choisi. S’il en est ainsi, et que vous ayez accès auprès de lui, engagez-le à nous secourir et à suivre votre exemple. Pour récolter il faut semer. Adieu, mon cher Eynard, je baise les mains à Madame votre épouse. Je la conjure de nous aider. Tâchons, ainsi que je vous l’ai dit par ma dernière lettre, de finir ensemble; et allons après nous reposer très-paisiblement aux bords du lac de Genève. J’occuperai dans mes vieux jours le petit pavillon Fleur-d’eau, bien entendu à moins que la bise ne m’en chasse. Je vous serre la main et je suis tout à vous.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 430 - 431.

[Ο Καποδίστριας αναφέρεται κυρίους στα οικονομικά προβλήματα της χώρας και προτρέπει τον Εϋνάρδο να συνεχίσει τις προσπάθειές του για να επιτύχει τη δανειοδότηση της Ελλάδος.]

A (Monsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Egine, 19/31 décembre 1829

C’est ici que j’ai reçu vos lettres jusqu’à la date du 29 novembre. M(onsieur) de Ribeaupierre se rendant à Constantinople a jeté l’ancre à Poros, et pour ne pas retarder son voyage, j’ai quitté Salamine, et j’ai été le rejoindre à Egine.

Par la première occasion je vous enverrai la copie du mémoire que je lui ai remis. Ignorant complètement le résultat des délibérations de la conférence de Londres, je n’ai pu raisonner que sur des hypothèses, quant à ce qui concerne notre avenir. Mais c’est en m’étayant sur des faits malheureusement trop réels, que j’ai exposé avec une entière vérité notre situation actuelle.

Les intrigants ont attaqué le gouvernement, comme je l’avais prévu dès le mois d’août, dans sa partie la plus faible. Ils ont poussé l’armée à vouloir le paiement de tous ses arrérages. Vos 700.000 francs m’ont mis à même de m’acquitter de cette dette, et de prévenir ainsi le brigandage et le désordre, qui auraient en grande partie détruit le fruit de deux années de travail. Ces arrérages payés, les faibles revenus du pays peuvent à peine m’offrir les moyens de faire marcher encore régulièrement l’administration durant le mois de janvier. J’espère que dans ces entrefaites vos démarches auprès du ministère français et auprès de Monsieur l’ambassadeur de Russie auront produit un effet salutaire, et qu’à la réception de la présente vous serez remboursé de vos 700.000 francs, et en mesures de m’envoyer 800.000 francs encore, et peut-être quelque chose de plus.

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Je vous ai longuement écrit par mes précédentes sur tout ce qui concerne l’emprunt; pressé comme je le suis aujourd’hui, je ne puis que me résumer, en vous répétant que, quel que soit l’avenir de ce pays, l’emprunt est une condition sine qua non de son existence.

Les détails que renferment vos dernières lettres sont d’un grand intérêt. Ils me donnent des notions qui me mettent en état de comprendre beaucoup de choses, et je vous en remercie infiniment.

Mes précédentes lettres vous prouveront combien j’ai été heureux d’apprendre que M(onsieur) le général Schneider, avec le reste de sa brigade, a reçu l’ordre de ne pas quitter les places de la Messénie. Les soldats travaillent déjà avec un bataillon de troupes régulières grecques à réparer le désastre de Navarin.

Je vais recevoir le subside de novembre et de décembre pour nos troupes régulières; mais j’ignore s’il continuera pour la nouvelle année. Ce serait un grand bienfait, s’il plaisait au roi de nous accorder encore ce secours mensuel jusqu’à la conclusion de l’emprunt.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 434-438.

[Ο Καποδίστριας ελπίζει ότι ο Εϋνάρδος θα συνεχίσει τις προσπάθειές του για να επιτύχει την οικονομική ενίσχυση του ελληνικού κράτους, επισημαίνοντας ότι οι Δυνάμεις οφείλουν να βοηθήσουν την Ελλάδα γιατί έχουν στην περιοχή ζωτικά συμφέροντα. Θεωρεί ότι βασική προϋπόθεση για να βρεθεί ο κατάλληλος υποψήφιος για το θρόνο της Ελλάδος είναι να τακτοποιηθεί το θέμα των συνόρων σύμφωνα με τις επιθυμίες των Ελλήνων. Τέλος, αναφέρεται στις δυσκολίες που αντιμετωπίζει στο εσωτερικό της χώρας και διαδηλώνει την απόφασή του να συνεχίσει να εκτελεί το καθήκον του.]

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A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 25 décembre 1829/6 janvier 1830

Vos lettres du 29 novembre et les entretiens dont elles me rendent compte me font espérer que vous ne laisserez pas en repos les personnes qui vous ont introduit auprès de S(on) A(ltesse) R(oyale) le dauphin, qu’elles ne vous aient procuré des audiences. Vous plaiderez encore une fois notre cause, et vous obtiendrez les secours, sans lesquels non-seulement je ne réponds plus de rien, mais je déclare que les Puissances elles-mêmes seront obligées de faire d’énormes sacrifices, pour sauver leurs propres intérêts dans ces contrées.

Donnez aussi communication de tout ce que je vous écris à M(onsieur) le comte Pozzo di Borgo, et insistez auprès de lui, comme je l’ai fait auprès de M(onsieur) de Ribeaupierre, afin que dans toutes les hypothèses on ne laisse pas périr ce pays, pendant qu’on délibère dans l’intention généreuse de lui assurer un avenir.

Les démarches que vous avez faites à votre arrivée à Paris, pour accélérer les décisions de l’empereur de Russie, soit sur l’emprunt, soit sur les avances que j’avais sollicitées, doivent à cette heure avoir un résultat. J’ai fait de mon côté tout ce qui était en mon pouvoir. M(onsieur) de Ribeaupierre m’a encore promis ses bons offices.

Ce que je vous dis dans ma lettre d’office de ce jour n’est que trop vrai. Avec les seuls revenus du pays il m’est impossible de maintenir un peu d’ordre. Je ne pourrai donc avancer dans aucun sens l’œuvre de sa restauration; et dans une situation semblable à la nôtre, si l’on n’avance pas, on rétrograde.

J’ignore si les Puissances sont enfin d’accord sur notre avenir, ou si toutes fatiguées qu’elles sont des discussions relatives à la Grèce, elles devront s’en occuper encore pour longtemps. Dans tous les cas aucune Puissance ne gagne rien au désordre et à l’anarchie qui bouleverseraient encore ce pays. Toutes sont également intéressées à prêter à son gouvernement les moyens de prévenir ce désastre, et de préparer les voies à l’accomplissement de leurs vœux.

Le commerce du levant a beaucoup souffert de la révolution de la Grèce. N’en souffrirait-il pas de même si, au moment de renouer des relations utiles avec ce pays, il y trouvait encore le brigandage sur terre et la piraterie sur mer? Or c’est de ces deux fléaux que la Grèce et l’Europe seront encore affligées, si avant tout on ne continue pas à nous secourir, et si on ne décide pas d’après les principes d’une justice rigoureuse les grandes questions qui nous concernent.

Comme je viens de répéter ces tristes vérités à M(onsieur) de Ri-

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beaupierre, en le priant de les porter à la connaissance de ses collègues, je crois utile de vous mettre à même de les répéter à votre tour, afin qu’il ne nous reste rien sur la conscience.

Vous me parlez aussi des difficultés qui s’opposent à l’élection du chef futur de la Grèce. Elles seront aplanies du moment où l’on s’entendra sur la question principale, celle de la délimitation. Si on la décide de manière à ce que les mesures qui en dépendent soient exécutables, on trouvera un prince, et je ne me refuserai pas à le servir, parce que je tiendrai à honneur d’achever ce que j’ai commencé, et il en vaudra la peine. Dans le cas contraire, on ne trouvera pas de prince, et je doute qu’on fasse de moi quelque chose, car nul n’est tenu à l’impossible.

Voilà, mon cher Eynard, en peu de mots ma profession de foi sur ce grand intérêt. C’est celle que j’ai énoncée avant d’arriver en Grèce; c’est celle que j’ai répétée l’année dernière à Poros. On la connaît donc, et à tout événement il sera toujours au pouvoir des Puissances d’exécuter par tout autre intermédiaire ce qu’elles auront arrêté. Sans avoir pris en considération les vœux de la Grèce et sans sa participation, je ne serai jamais cet intermédiaire.

P. S. Ainsi que je l’annonce dans le mémoire, cette pauvre Grèce risque aujourd’hui de devenir la victime d’une nouvelle crise. Des intrigants de toute espèce et de toute couleur remuent les esprits, et une poignée de mécontents trament des complots contre l’ordre actuel des choses. On les encourage en leur promettant de larges subsides, dès qu’ils auront, comme on leur dit, secoué le joug de la Russie. Jusqu’ici il n’y a que des menées et des paroles; mais il n’est pas impossible qu’à la longue on ne pousse ces misérables à quelque acte criminel, tel que le non-paiement des impôts, la résistance aux ordres du gouvernement, et les voies de fait qui en seront la conséquence.

Dans ce cas affligeant, mon parti est pris; je ferai respecter les lois, et je tâcherai de maintenir l’ordre en n’épargnant aucun des coupables; mais aussi il faut pour cela que le gouvernement ait de quoi payer ceux qui le servent; sans cela je devrais armer la milice à la charge des provinces, et légitimer en quelque sorte les abus dont ce malheureux et admirable peuple est à peine soulagé.

Ces embarras et ces périls nous viennent du dehors, et j’en ai plus que la conviction morale. On veut atteindre un but, et l’on n’est pas scrupuleux dans le choix des moyens. Or ce but serait l’accomplissement des vues les moins favorables aux espérances de la Grèce. Elle aspire au rang des nations libres et indépendantes, et l’on veut soutenir qu’elle n’est pas même en état de devenir une paisible colonie; et pour

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cela il faut que le désordre et l’anarchie en offrent dans ce moment la preuve.

On peut vouloir aussi autre chose; mais je ne sais pas où trouver le temps de vous développer ici toutes les conjectures auxquelles donne lieu l’abjecte malveillance qui nous tourmente. La conjecture cependant qui me paraît la moins douteuse, c’est celle dont vous me parlez. On ne veut pas de moi. On veut que d’autres hommes, ou un autre homme à ma place, mettent à exécution sans difficulté les arrangements dont on se flatte de convenir avec la Porte.

Je le pense aussi, et ce n’est pas d’aujourd’hui ni d’hier: mais pourquoi ne me parle-t-on clair, et ne me dit-on pas avec une noble franchise: Tirez-vous de là; nous ne pouvons nous entendre avec vous? A ces mots, je ne resterais pas à ma place une minute de plus; et je saurais m’y prendre de manière à ne trahir aucun de mes devoirs envers cette nation, qui m’a honoré et qui m’honore de sa confiance. Plus je désire m’acquitter de cette dette en honneur, et plus je regrette qu’on préfère des intrigues à des démarches amicales et sincères. Quoi qu’il en soit, je reste ferme comme un rocher dans la résolution invariable de servir ce pays, tant que je pourrai lui être utile, et tant que je pourrai me convaincre que mon intervention dans ses affaires ne peut pas lui être nuisible.

Il est bon, je vous le répète, que vous soyez instruit de ma profession de foi, et que vous la fassiez connaître aux grands personnages qui se plaisent à protéger ce pays. Je ne vous fatiguerai pas plus longtemps, pour ne pas dire encore: procurez-nous, et le plus tôt que vous pourrez, de l’argent et de l’argent.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 471-476.

[Ο Καποδίστριας αναφέρεται στον τρόπο που διατίθεται το ποσό του 1.200.000 φράγκων, τα οποία απορροφά η μισθοδοσία του στρατεύματος, προκειμένου να διατηρηθεί η τάξη στο εσωτερικό της χώρας και να μη στα-

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σταματήσει η οργάνωση του τακτικού στρατού. Στη συνέχεια, δικαιολογεί τους λόγους που δεν του επιτρέπουν να απολύσει τους Ρουμελιώτες από το στράτευμα και αναλύει τα μέτρα που λαμβάνει για να εξοικονομήσει χρήματα.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 3/15 février 1830

J’ai sous les yeux, mon cher Eynard, vos lettres du 2 et du 30 décembre, ainsi que celle du 5 janvier.

Vous recevrez aujourd’hui, avec le duplicata de ma dernière expédition, une lettre d’office qui répond aux vôtres de dernière date. Je vais ajouter ici quelques observations, qui vous prouveront encore mieux combien les services que vous avez rendus à ce pays ont contribué à le sauver pour le présent et peut-être même pour l’avenir.

Ainsi que je vous l’ai dit, le paiement des arrérages a absorbé les 500.000 francs des subsides arriérés français et les 700.000 que vous avez envoyés. Les troupes légères, organisées sous l’inspection de Monsieur) le colonel Gérard, nous promettent en peu de temps un résultat satisfaisant. Il se peut que nous fassions de ces nouveaux bataillons autant de soldats réguliers. C’est à quoi le gouvernement travaille. Mais pour conserver l’espoir du succès, il doit pouvoir payer ces mêmes bataillons régulièrement. C’est vous dire en d’autres termes que le secours de 1.200.000 francs, dont la Grèce est redevable à votre active sollicitude, produira un double résultat. La tranquillité intérieure sera maintenue, et les progrès graduels de l’organisation militaire ne seront pas arrêtés.

Je vous sais gré de m’avoir fait part de ce qu’on dit de l’obstination avec laquelle je persévère à ne pas licencier les Rouméliotes. Ces bandes armées, observe-t-on, épuisent le pays et compromettent à chaque instant sa tranquillité. Rien ne serait plus facile au gouvernement que de signer un décret, par lequel il renverrait du service public tous ces hommes. Mais avant de procéder à un pareil acte, il devrait se demander: Que deviendront-ils? Fort d’une longue expérience chaque Grec de bonne foi vous répondra: Ils deviendront des clephtes dans les montagnes et des pirates sur mer. En effet si la piraterie a cessé depuis mon arrivée, c’est parce que les Olympiens et les Rouméliotes, qui étaient nichés dans les îles de l’Archipel, sont venus à Mégare composer les chiliarchies. Les provinces du Péloponèse ont commencé à respirer, depuis que les Rouméliotes qui les avaient envahies campent aussi à Mégare. Ces hommes, dont le nombre est d’environ 8.000, n’ont existé depuis quelques années que du métier des armes; pas un d’entre eux ne possède quoi

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que ce soit, si ce n’est son fusil et ses pistolets. En leur refusant le pain et la petite paie qu’ils reçoivent, le gouvernement pourrait-il les punir, si les armes à la main ils se procuraient d’autres moyens de subsistance? D’ailleurs pour armer le pays et le mettre en état de se garantir de leurs incursions, le gouvernement ferait des dépenses bien supérieures à celle que coûte l’entretien de ces bandes, transformées aujourd’hui en bataillons. Mais il y a plus: si la Grèce est à la veille de voir s’accomplir sa restauration et son indépendance, elle le doit uniquement à la bravoure et au dévouement de ces mêmes palicares. Est-ce pour les récompenser des services rendus, que le gouvernement les livrerait volontairement à la misère et au désespoir? Ils sont tous Rouméliotes; donc c’est en Roumélie qu’il[s] se réfugieraient. Serait-il possible alors de maintenir le statu quo actuel, qui subsiste cependant à la satisfaction des Turcs?

Ces observations me semblent répondre victorieusement aux reproches qu’on adresse au gouvernement grec. Au moment où il pourra accorder à ces soldats quelques arpents de terre et quelques piastres pour les défricher, il les licenciera; et ayant eux-mêmes une propriété, ils respecteront celle d’autrui. C’est dans cette vue qu’est conçu le décret du congrès d’Argos concernant les indemnités, et c’est pour exécuter cette mesure salutaire que je sollicite depuis l’année dernière les ressources de l’emprunt.

D’autre part, si la Grèce doit avoir des troupes nationales régulières, ce n’est que de Rouméliotes qu’elle pourra les composer. Mais pour parvenir à ce grand résultat, il fallait procéder par degrés, et c’est par degrés que nous sommes arrivés au point que ce sont les jeunes soldats rouméliotes eux-mêmes qui nous demandent spontanément un fusil à baïonnette. Je me trompe peut-être, mais je doute qu’on eût pu entreprendre avec plus d’espoir de succès la guérison d’une des plaies les plus dangereuses de ce malheureux pays.

Pour épuiser le chapitre des plaintes, je vous dirai un mot des soidisant personnes qui se tiennent maintenant à l’écart. Miaoulis n’est pas de ce nombre. Il n’a jamais cessé et ne cessera pas d’être en pleine activité de service. Quant aux autres, leur conduite est peut-être fondée sur l’espoir d’obtenir la faveur et la confiance du nouveau chef de la Grèce. Je leur ai offert dans la nouvelle organisation des places du premier ordre, et ils les ont refusées, au grand contentement du pays, qui m’a souvent reproché de les avoir employés à mon arrivée en Grèce. Sans contredit ce sont des hommes capables, mais voilà tout.

Pour ce qui est de mes frères, ceux qui prétendent que le pays ne les aime pas, ne font que répéter les doléances des Grecs qui ne peuvent pas aujourd’hui comme autrefois se partager les revenus de l’état. Au

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reste mes frères me tourmentent pour que je les délivre de la corvée à laquelle ils sont condamnés, et je désire autant qu’eux les en délivrer une heure plus tôt.

J’ en viens à la grande affaire qui concerne la décision du sort de la Grèce, et aux mesures que les Puissances semblent vouloir arrêter pour exécuter sur les lieux ce dont elles seront convenues.

Les cabinets ont gardé jusqu’ici un profond silence envers le gouvernement grec sur ces deux grandes questions. Si vous avez reçu, comme je l’espère, ma dernière expédition du 25 décembre/6 janvier, vous aurez vu que, par le mémoire que j’ai remis à M(onsieur) de Ribeaupierre et à ses collègues, j’ai rempli loyalement tous mes devoirs. Je suis dans l’attente d’une réponse. Je persiste à ne pas concevoir la possibilité d’un arrangement quelconque, à moins que la Grèce ne soit appelée à prendre part aux négociations. Nous verrons comment tout ceci se débrouillera. Jusque-là tâchons de vivre. Je vous ai marqué par ma lettre d’office que le Volage nous a apporté 225.000 francs du subside russe, et vos 50.000. Je suis si impatient de vous rendre vos 700.000 francs, que je tâche de me procurer dans l’intérieur toutes les ressources possibles, afin de pouvoir économiser sur les derniers secours que vous nous avez obtenus. Ces ressources consistent d’une part dans la vente de quelques canons de bronze inutiles, et dans les placements que j’espère procurer à la banque. Si ces mesures répondent à mes voeux, je pourrai alors commencer à vous payer. Cependant je vous prie de continuer à solliciter l’envoi en Grèce de la somme totale, et comptez sur l’empressement que je mettrai à tenir parole. Il est entendu que le gouvernement vous bonifiera l’intérêt de 5 pour 100.

Ce que je vous dis dans ma lettre d’office sur M(onsieur) Howes n’est malheureusement que trop vrai; mais il est bon d’autre part que nous gardions pour nous seuls les faits qui démentent complètement le beau rapport inséré dans le Courrier. Les philhellènes américains ont fait sans doute de nobles et généreux sacrifices; mais leurs agents en Grèce ont constamment mal compris leur mission. C’est ainsi que vont ordinairement les choses dans ce bas monde. Il faut prendre patience, et ne pas se décourager.

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IΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 485 - 494.

[Ο Καποδίστριας ενημερώνει τον Εϋνάρδο για τα αποτελέσματα των ενεργειών του τελευταίου στις γαλλικές αρχές σχετικά με την οικονομική ενίσχυση του ελληνικού κράτους. Αναλύει τη δυσχερή θέση στην οποία βρίσκεται επειδή δεν μπορεί να ανταποκριθεί στις ανάγκες του στρατού και της ναυτιλίας, που απαιτούν ιδιαίτερη οικονομική ενίσχυση. Στη συνέχεια, ο Κυβερνήτης εκδηλώνει την αδημονία του να ενημερωθεί για τις αποφάσεις της Διάσκεψης του Λονδίνου σχετικά με τη σύναψη του δανείου, την εκλογή του ανωτάτου άρχοντα και τη συμμετοχή της ελληνικής πλευράς στις διαπραγματεύσεις με την Υψηλή Πύλη. Τέλος, αναφέρεται στα σχέδιά του για την εκπαίδευση: την οργάνωση του Πρότυπου Αγροκήπιου της Τίρυνθας, τη δυνατότητα αποστολής νέων για σπουδές στο εξωτερικό και τη μετάκληση στελεχών για να επανδρώσουν τις νέες σχολές.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 20 février/4 mars 1830

Je vous ai écrit, mon cher Eynard, en date du 3/15 février. Je continue aujourd’hui, pour vous accuser la réception de vos lettres du 9 et du 22 janvier.

Les démarches que vous avez faites avec le courage qu’inspirent toujours des sentiments purs et élevés, n’ont pas manqué leur effet, et j’attends d’une heure à l’autre les 600.000 francs qui sont déjà annoncés à Modon, d’après ce que me mande M(onsieur) le général Schneider.

Ainsi que je vous l’ai dit par ma lettre d’office, M(onsieur) le comte de Panin est déjà en possession des 500.000; mais n’ayant pas reçu d’ordres de la part de sa cour, ni de celle de M(onsieur) Pozzo di Borgo, il ne peut qu’en être le dépositaire.

Vos 100.000 francs vont être versés dans le trésor; mais ils ne seront employés que pour encourager l’agriculture, et vous en aurez la preuve.

Ces ressources que la Grèce doit à votre infatigable bienveillance, offriront au gouvernement les moyens de soutenir jusqu’au mois d’avril l’administration publique, c’est-à-dire l’ordre et la tranquillité.

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C’est dans le courant de mars que les revenus de l’état sont affermés d’après les usages du pays. D’après les mêmes usages, les fermiers paient d’avance un tiers; mais ce tiers n’entre d’ordinaire dans la caisse que dans l’espace de six ou huit semaines.

Avec ces minces ressources le gouvernement pourra-t-il faire honneur à ses engagements envers les soldats et les marins? Pourra-t-il développer graduellement l’organisation des troupes régulières, en diminuant graduellement le nombre des irrégulières? Pourra-t-il en même temps fournir aux marins d’Hydra, de Spetzia et de Psara, les moyens de radouber leurs bâtiments marchands, qui dépérissent dans les ports?

Je viens de faire en tout dernier lieu, malgré la rigueur de l’hiver, une tournée dans ces îles; et je me suis convaincu de mes propres yeux que le gouvernement ne pourrait pas se dispenser de venir à leur secours.

La misère, et plus que la misère le désœuvrement de quelques milliers de marins, compromettent les plus grands intérêts de la nation. Les Turcs leur offrent dans l’arsenal de Constantinople des places et des emplois. Pourquoi ne les accepteraient-ils pas? Les chancelleries commerciales des ambassadeurs alliés à Constantinople leur offrent provisoirement les pavillons de leurs souverains. Pourquoi les refuseraientils? Or s’ils les acceptent, la Grèce aura-t-elle plus tard un pavillon et une marine?

Ces considérations, que je m’abstiens de développer, m’ont porté à accorder 50.000 talaris aux communautés des trois îles maritimes, afin qu’elles puissent radouber quelques-uns de leurs bâtiments, et donner ainsi de l’occupation, du pain et de bonnes espérances, à leurs matelots. Cette mesure a produit pour le moment un effet salutaire. Mais ce n’est pas tout. Pour sauver notre marine des périls dont elle est menacée, le gouvernement devrait lui faire des avances plus considérables. Mais où les prendre?

Si l’imprimerie m’envoie à temps les nouveaux règlements de notre banque, vous les recevrez par la poste d’aujourd’hui, et vous verrez les garanties que le gouvernement offre aux prêteurs de notre 8 pour 100. Si les placements répondent à mes vœux, l’affaire majeure de la marine sera réglée sur une base nationale et complètement indépendante de toutes les combinaisons de la politique, si toutefois la politique ne s’oppose pas ouvertement à ce que la Grèce ait une véritable existence maritime et commerciale.

Plus je médite cette question grave, et moins je comprends toutes les notions qui parviennent à ma connaissance sur les mesures provisoires que les cours alliées semblent avoir adoptées. Elles offrent, ainsi que je viens de vous le dire, aux Grecs leur pavillon et leur protection

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pour six mois, et jusqu’à ce que la Porte ait reconnu l’état Grec et son pavillon; mais cette offre, au lieu d’être adressée au gouvernement actuel de la Grèce, a été faite directement aux marins, et par l’entremise d’une foule d’agents subalternes. Vous verrez dans les gazettes que je vous envoie les communications que j’ai cru de mon devoir d’adresser à qui de droit.

Il est bon que vous n’ignoriez pas cet état de choses, afin de pouvoir répondre si l’on vous fait quelque question. Dans le cas contraire gardons le silence, et laissons parler les choses.

Tout ceci vous donne, mon cher Eynard, la mesure de l’impatience avec laquelle j’attends les nouvelles que vous me promettez, tant sur le dénouement des négociations à Londres, que sur le résultat des dernières démarches que vous avez faites pour négocier l’emprunt avec la seule garantie de la cour de Russie.

Je n’ai pas cessé de répéter que, si des intérêts majeurs rendaient nécessaire la prolongation des négociations, la conclusion prompte de l’emprunt pourrait encore rendre tolérable cette longue crise. L’emprunt donnerait en effet au gouvernement grec une force morale et matérielle, qui seule le mettrait en état d’avancer l’œuvre de la restauration de ce pays, et de préparer ainsi les voies à l’accomplissement du sort qu’on voudra lui assurer.

J’ignore quel est l’accueil qu’on a fait à mes observations respectueuses. Ce que l’on m’écrit de Constantinople en date du 28 janvier, c’est que les trois représentants des cours alliées, dans l’attente où ils sont des ordres de leurs cabinets, ont consigné mes jérémiades au protocole.

D’un autre côté vous m’annonciez vous-même, mon cher Eynard, par votre lettre du 22, que d’un instant à l’autre arriveraient de Londres les communications officielles des décisions de la conférence. Il y a cinq immenses semaines depuis lors, et je ne reçois aucune nouvelle de votre part.

Quelque pénibles que soient ces retards, les conséquences n’en seraient pas si dangereuses, si la malveillance n’en profitait pas tout à son aise. Le bon sens de cette admirable nation est mis à une rude épreuve depuis l’année dernière.

Des colporteurs de nouvelles, souvent titrés, lui annoncent à tout moment que dans peu de jours il y aura ici un nouvel ordre de choses. D’abord c’était le prince de Baden qui allait se rendre en Grèce, puis le prince Léopold qui était arrivé à Malte; aujourd’hui c’est le prince de Carignan qui vient recueillir ici l’héritage de la royauté de Jérusalem.

Je vous le demande, quel autre pays resterait dans une paisible

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et respectueuse attitude, si l’on s’efforçait de lui persuader avec un certain ton d’autorité, que le gouvernement auquel il obéit a cessé par le fait même, et qu’un autre va le remplacer?

Cependant l’ordre se maintient; la tranquillité est parfaite. Les bons paysans bénissent Dieu, travaillent leurs terres, et haussent les épaules lorsque quelques orateurs les engagent à se préparer à ce grand changement. A l’exception d’une poignée d’hommes à mauvaise conscience, et chaque pays n’en manque pas, tout le reste conserve et renforce, s’il se peut, les sentiments de confiance et de respect qu’il a voués à son gouvernement actuel.

Sous ce point de vue les bruits imprudents qu’on a répandus et qu’on répand encore, rendent plus difficile l’exécution des arrangements que les alliés ont arrêtés. Ce pays, tout sauvage qu’il est encore, a aussi son opinion publique, et elle ne se prononce pas favorablement pour la combinaison d’une royauté, moins encore pour un prince étranger, qui viendrait l’exercer sans garanties. Il est inutile que je vous en explique les motifs.

Ce qui me paraît cependant de toute nécessité et de toute justice, ce que je n’ai pas laissé ignorer dans le temps, c’est que quel que soit le plan dont on sera convenu, puisque c’est par les Grecs et pour les Grecs qu’on voudra l’exécuter, encore faudrait-il le leur communiquer, et combiner dans les formes légales leur participation aux négociations avec la Porte, auxquelles ce plan donnera lieu nécessairement.

J’ignore également ce qui a été décidé sur ce point important. Il en adviendra ce qu’il plaira à Dieu.

M’étant acquitté loyalement de mes devoirs envers les augustes bienfaiteurs de la Grèce, il ne me reste plus qu’à attendre, tout en continuant, autant que faire se pourra, à porter ma croix, et je la porte sans murmurer.

Passons maintenant à des intérêts de détail.

Mes établissements maissants, l’orphanotrophe, l’école normale, l’école militaire, toutes les écoles d’enseignement mutuel, me donnent tous les jours de véritables consolations. Je m’occupe maintenant de la fondation d’un séminaire et d’une école rurale ou ferme-modèle. C’est sur la route de Nauplie à Argos que j’ai assigné un beau et magnifique terrain à cette ferme. Les charrues venues de France sont déjà en usage. Il s’agit maintenant de bâtir le local, des magasins, des étables, des ateliers, et d’acheter des bœufs.

Vos 100.000 francs nous sont arrivés à point nommé. C’est sur cette somme que je prendrai 25 ou 30.000 francs que pourront coûter les bâtisses et les achats du bétail.

Si cette ferme-modèle réussit, nous aurons fait un pas immense

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vers l’amélioration agricole du pays, et je l’espère, attendu que M(onsieur) Paléologue justifie jusqu’ici mon attente.

Ce qui nous manque le plus ici, ce sont des ouvriers. Si je faisais une respectueuse demande au roi de France, pour obtenir quelques places dans l’école des arts et métiers, serait-elle accueillie? Veuillez m’en dire un mot. Plaçant dans cette école une douzaine de jeunes Grecs, le pays aurait dans trois ou quatre ans des maîtres-ouvriers qui en feraient à leur tour une vingtaine.

Je joins ici quatre lettres, une pour M(onsieur) Ruggeri, deux pour les professeurs ***, et la quatrième pour un Zuricois. Cette dernière est une simple réponse, sur laquelle il ne vaut pas la peine de revenir. Quant aux deux professeurs, vous m’obligeriez infiniment de prendre des informations à l’égard de l’institut de l’un et des capacités de l’autre. Si l’institut de M(onsieur)*** est sous la sauvegarde de la bonne opinion de M(essieurs) Lasteyrie et Degerando, je n’hésiterai pas à lui envoyer des élèves, aux conditions avantageuses qu’il me propose. De même si le professeur de Bruxelles est connu avantageusement, et qu’il consente à venir ici avec un traitement modique, je le placerai immédiatement à l’école normale d’Egine, qui en aurait besoin. Enfin si d’après l’opinion des connaisseurs, M(onsieur) Ruggeri a en effet les capacités dont il me parle dans sa lettre, et que vous puissiez me l’assurer, envoyez-le ici. Il prendra la place de maître de dessin à l’école militaire, et il fera aussi l’architecte en dehors de l’école. Voilà tout ce que je puis faire pour lui. Je lui paierai les frais de voyage; et s’il s’agit, pour le mettre en état de partir, de lui donner 2 ou 300 francs, j’y consens et je vous prie de les lui avancer.

Il me reste à vous dire un mot de cette plaie éternelle des Mavromichalis. Sa famille, qui coûte toujours à cette pauvre caisse, ne veut rien faire pour le jeune homme. Elle prétend aussi ne le pouvoir pas. Donnez-lui donc quelque chose, et s’il s’agit de le faire revenir dans ses foyers, payez-lui ses dettes et les frais de voyage. Je ne pense pas qu’en restant à Paris il devienne meilleur, ni pour les siens ni pour la Grèce, et il me serait impossible de me charger plus longtemps de lui.

Je finis cette longue lettre, en exprimant du fond du cœur toute la reconnaissance que je vous dois, pour les services immenses que vous avez rendus, et que vous rendrez encore à cette pauvre et bonne Grèce.

P. S. Au moment de cacheter ma lettre je reçois la vôtre du 30 janvier. Je répondrai à M(onsieur) Ricardo dans le sens que vous me suggérez.

Je vous exprimerai dans peu de jours mon opinion sur le projet

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de M(onsieur) Barbezat. En attendant, je pense comme vous: je crois que c’est trop tôt.

Je vais faire prendre note dans notre compte courant des sommes dont vous m’accréditez, et je finis par vous conjurer de me faire connaître ce que vous apprendrez des longues négociations de Londres. Il est temps qu’on se décide, et qu’on nous dise ce que nous allons devenir. Je serai conséquent, et ne changerai pas.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 494-497.

[Ο Καποδίστριας στέλνει στον Εϋνάρδο τον κανονισμό της Τραπέζης και τον προτρέπει να αναζητήσει μετόχους, ώστε με τα έσοδα από την αγορά μετοχών να ενισχύσει τη ναυτιλία. Πολύ σύντομα, άλλωστε, ελπίζει ότι πρόκειται να του καταβληθούν οι δύο από τις τρεις δόσεις των 600.000 φράγκων, γεγονός που αποδεικνύει ότι οι προσπάθειες του Εϋνάρδου τελεσφόρησαν. Από τη στιγμή που θα του ανακοινωθούν επίσημα οι αποφάσεις της Διάσκεψης του Λονδίνου, ο Κυβερνήτης προτίθεται να γράψει στον πρίγκηπα Λεοπόλδο του Σαξ Κοβούργου, για να τον ενημερώσει για τις προφυλάξεις που δεν θα πρέπει να αμελήσει να πάρει, ώστε να ανταποκριθεί στην αποστολή του. Τέλος, ο Καποδίστριας αναφέρεται στην επιθυμία του να χρησιμοποιήσει για την εξυπηρέτηση των ελληνικών συμφερόντων τον πρίγκηπα Σούτσο, αφού πρώτα ενημερωθεί για τα αποτελέσματα των διαβουλεύσεων των Δυνάμεων.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 24 février/8 mars 1830

Je continue aujourd’hui, mon cher Eynard, la longue lettre particulière que je vous ai écrite il y a quatre jours.

Je joins ici les exemplaires du règlement de la banque, et je vous prie de faire tout ce qui peut dépendre de vous pour nous procurer des actionnaires. Si la banque peut me procurer des ressources, mon intention

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est, ainsi que je vous l’ai dit, d’en consacrer la plus grande partie à l’encouragement de notre marine.

Je joins ici ma réponse à M(onsieur) Ricardo; vous verrez qu’elle ne préjuge aucune question.

Grâce à votre sollicitude bienveillante, je suis aujourd’hui en état de faire payer régulièrement la solde aux vingt bataillons irréguliers.

M(onsieur) le comte de Panin, qui le premier a reçu les 600.000 francs, me fera pour sa quote-part le subside de janvier et de février, c’est-àdire 400.000 francs.

L’argent envoyé à M(onsieur) de Rouen est déjà à Navarin, et sous peu il sera ici. Il me remettra alors, je pense, sa quote-part pour les deux mois déjà échus, et nous vivrons.

Je tâche aussi d’avancer avec ces secours tant l’organisation des écoles, que d’autres arrangements favorables à l’agriculture.

Je joins ici une copie de l’office que j’adresse à la commission des finances relativement à vos 100.000 francs. Je n’annonce pas les autres dispositions que je compte faire, pour ne pas me faire accabler de demandes.

J’ai lu le discours du roi d’Angleterre, et je ne doute plus de la conclusion finale des négociations concernant l’avenir de la Grèce. J’en ignore le résultat, et je ne me permets pas d’en juger.

Si comme vous me l’annoncez par vos dernières lettres, le prince de Cobourg est en effet appelé par le suffrage des cours alliées à la royauté de la Grèce, et que S(on) A(ltesse) R(oyale) vienne à Paris, veuillez m’en informer une heure plus tôt, afin que je puisse m’acquitter envers elle de mes devoirs.

Vous lui direz, en attendant, que je le conjure d’arriver droit en Grèce. Toute apparence extérieure ferait une mauvaise impression, et un mal que nous pourrions difficilement guérir.

Losque je connaîtrai les propositions que les cours alliées veulent bien faire à ce pays, je prendrai moi-même la liberté d’écrire au prince. Je lui exprimerai en toute âme et conscience mon opinion sur tous les points, et surtout je lui dirai quelles sont les précautions qu’il ne doit pas négliger, afin de se placer d’abord dans une situation où il puisse soutenir, sans se décourager, la tâche pénible qu’il est destiné à remplir.

Je ne vous en dis pas davantage sur ce sujet majeur, parce que je manque de toutes les données nécessaires.

J’ai lu la lettre que vous adresse M(onsieur) Rarbezat. Je persiste à penser que ce n’est pas le moment de livrer votre correspondance aux compilateurs. Dans tous les cas je ne me permettrai pas de contribuer à l’entreprise de M(onsieur) Barbezat. Le public me croirait impatient de l’entretenir de mes faits et gestes. La malveillance me supposerait

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    ΑΡΧΕΙΟΝ ΙΩANNOY ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙA

    ΤΟΜΟΣ Ι΄

    ΚΕΡΚΥΡΑ 1983