Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Η΄

Τίτλος:Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Η΄
 
Τόπος έκδοσης:Κέρκυρα
 
Εκδότης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
Συντελεστές:Κώστας Δαφνής, Κώστας Κωστής
 
Έτος έκδοσης:1987
 
Σελίδες:342
 
Θέμα:Αλληλογραφία Καποδίστρια (Επιστολές προς διαφόρους)
 
Στατιστικαί παρατηρήσεις (1828-1830)
 
Χρονική κάλυψη:1827-1831
 
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Εμφανείς σελίδες: 37-56 από: 341
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pouvoir faire les avances, c’est-à-dire avoir des fonds: nous ne sommes pas encore là. La sécurité extérieure suppose la paix, et la sécurité intérieure suppose en outre un gouvernement complétement organisé dans toutes ses parties. Si la Providence veut continuer ses faveurs à cette nation, nous nous occuperons plus tard de ses grands interêts, et je vous ferai part de mes observations sur la manière de les soigner. En attendant, tâchons de vivre au jour la journée; et pour cela, permettez-moi de vous lé répéter, envoyez à la banque et n’envoyez qu’à la banque tout l’argent que vous pouvez.

Je n’ai pas le temps d’entrer avec vous dans des détails sur le contenu de la lettre de M. l’instituteur Desjardins. Ce que je désire que vous lui fassiez savoir en attendant, c’est que j’ai lu avec infiniment d’intérêt son prospectus, ainsi que le tableau des jeunes Grecs qui étudient à Munich. Le bien que M. Desjardins dit du jeune Botzaris, laisse espérer que ce seune homme justifiera les espérances de sa famille et de la patrie. Je le recommande cepandant toujours à la bienveillance et à la protection du roi de Bavière son auguste bienfaiteur. Je ne répondrai pas non plus par cette occasion à M. Ch. Sarasin. Veuillez avoir l’extrême bonté de lui écrire que j’ai reçu sa lettre du 28 janvier, que je le remercie infiniment des détails qu’elle renferme, que je bénis de tous mes voeux les soins dont il comble les élèves grecs de son institut, et que je me réserve la satisfaction de lui témoigner moi-même ma reconnaissance au premier moment.

Enfin ne m’en veuillez pas, si j’ose vous charger de vous acquitter en partie de ma dette envers M. Fazy-Pasteur et M. Pictet-Gazenove. M. Fazy m’a écrit en date du 22 décembre qu’il désirait pouvoir m’envoyer une centaine de bèches. Dites-lui que ce qui nous a le plus manqué et nous manque encore pour la plantation des pommes de terre, ce sont les bèches. C’est avec énormément de peine que j’ai pu en faire fournir pour la plantation qui a eu lieu. M. Fazy, et tous ceux qui comme lui pensent que c’est avec les bèches et non les baïonnettes qu’on civilise un peuple, feront sans doute tout ce qui peut dépendre d’eux pour nous envoyer le plus tôt possible, et le plus grand nombre possible de ces moyens de civilisation. Ces instruments seront bien employés, je leur en réponds.

Je ne quitterai pas le chapitre des travaux agricoles sans vous annoncer que, malgré la nature et la somme des affaires qui m’accablent, j’ai trouvé le moyen de m’occuper particulièrement de plantations d’arbres. Le Péloponèse et les îles en sont complétement dégarnis. Les Turcs les laissaient détruire anciennement, et les Grecs ont fait pis que les Turcs en déracinant les derniers restes. C’est de Candie que j’ai fait transporter à Égine un million de châtaigniers et d’autres arbres; reste à savoir si l’on s’est bien pris pour faire prospérer cette nouvelle plantation. C’est en automne qu’il faudra penser à cette grande oeuvre. Pour y penser avec succès, j’invoque le secours de M. le professeur de Candolle.

Je m’arrête pour le moment ici, et je vous fais mes excuses du désordre de

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cette lettre, et des nombreuses commissions qu’elle vous apporte. Je la dicte, étant interrompu à chaque instant, et sans trop avoir le temps de la relire. Étant condamné à passer ainsi ma vie de tous les jours, j’espère trouver grâce auprès des personnes auxquelles je vous prie de vous adresser de ma part. Du moment que je pourrai me dispenser des détails de l’administration, je leur écrirai moi-même, et ce sera pour moi la meilleure manière de me soulager de la partie pénible de mes travaux. Je finis en vous priant de m’envoyer des hommes capables d’être employés dans l’administration, des jeunes gens intelligents, mais surtout d’une honnêteté éprouvée et de moeurs sévères, car il y a beaucoup d’étrangers qui ont fait ici plus de mal que de bien. Adieu, je vous serre la main.

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ΠΡΟΣ TON ΚΟΝΟΦΑΟ

Correspondance, τόμος II, σσ. 242 - 244.

Ενημερώνει τον Κονοφάο για τους σκοπούς των έργων που γίνονται στην Απάθεια, να εξασφαλίσουν δηλαδή την επιβίωση των πολυπληθών προσφυγικών οικογενειών. Τον πληροφορεί στη συνέχεια, ότι ο Stevenson αναγκάστηκε να εγκαταλείψει την καθοδήγηση των έργων αυτών τόσο για λόγους υγείας όσο και για οικογενειακούς λόγους που τον υποχρεώνουν να επιστρέψει στην πατρίδα του. Φεύγοντας ο Stevenson άφησε ένα πλήρη κατάλογο όλων των δαπανών του και όλου του υλικού που βρίσκεται στην Απάθεια. Ο Καποδίστριας αντικαθιστά τον Stevenson με τον Κονοφάο και του ζητάει να τον ενημερώσει για την κατάσταση στην οποία βρίσκονται οι αγροτικές εκμεταλλεύσεις τόσο στην Αίγινα όσο και στην Απάθεια.

A M. A. Conophaos

Poros, 25 juillet / 6 août 1828

Les travaux agricoles entrepris à Égine et dans le terrain d’Apathia, sous la direction de M. Stevenson, ont eu pour but de fournir les moyens de subsister aux nombreuses familles réfugiées tant dans l’ile d’Égine que dans les environs de Poros.

M. Stevenson vient de quitter l’inspection dont il avait bien voulu se charger. Sa santé a beaucoup souffert à Apathia, et des affaires de famille l’appellent dans son pays natal. En quittant Apathia, M. Stevenson a remis au gouvernement un

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registre, où se trouvent notées les sommes qu’il a reçues et les dépenses qu’il a faites. Il a remis en outre une liste des objets qui restent à Apathia, ainsi que des bêtes à cornes et des mulets qu’il a achetés.

Le gouvernement vous charge maintenant de remplacer M. Stevenson. Votre premier devoir est de nous rendre compte dans un rapport détaillé de l’état où se trouve l’exploitation agricole, commencée tant à Égine qu’à Apathia, et de celui des dépenses qui sont nécessaires pour la continuer et pour en recueillir le fruit. Vous nous informerez aussi par un calcul approximatif du revenu que pourraient produire la récolte prochaine à Apathia du blé sarrasin, et celle déjà faite á Égine des pommes de terre. Après avoir pris toutes les informations nécessaires, vous nous proposerez les mesures qu’il faudrait prendre, s’il s’agissait de faire une seconde récolte sur la fin de l’automne, soit dans un terrain, soit dans l’autre.

Vous nous présenterez aussi l’état des employés que M. Stevenson avait destinés, et vous nous ferez connaitre ce qu’ils ont reçu de sa part, et ce que le gouvernement leur devrait s’il les voulait garder dans ce service. Quant à vous, vous recevrez, à compter du 15, le traitement mensuel de 300 piastres.

C’est par le gouvernement provisoire de Poros que vous le recevrez avec la présente. Il est chargé aussi de vous fournir jusqu’à nouvel ordre de quoi continuer des travaux et l’administration d’Apathia.

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ΠΡΟΣ TON ΓΡΑΜΜΑΤΕΑ ΤΗΣ ΕΠΙΚΡΑΤΕΙΑΣ

Correspondance, τόμος III, σσ. 61 - 63

Ο Καποδίστριας δίνει πληροφορίες γύρω από την περιοδεία του Κρατερού στις Επαρχίες της Πελοποννήσου, με σκοπό τη διάδοση της καλλιέργειας της πατάτας. Αναζητά τρόπους για την επέκταση της καλλιέργειας της και στο τέλος προτείνει τη βράβευση των χωρικών εκείνων που θα σπείρουν περισσότερες από 200 οκάδες. Παράλληλα δίνει οδηγίες για την αποστολή εγκυκλίων στις επαρχίες με βάση τις οποίες οι Έκτακτοι Διοικητές και οι Προσωρινοί Επίτροποι θα επαναλάβουν τις οδηγίες του Κρατερού στους χωρικούς. Τέλος, ειδοποιεί τους αρμόδιους να προμηθευτούν, σε όποιες περιπτώσεις χρειάζεται, πατάτες ώστε να ανταποκριθούν στις ανάγκες της σποράς.

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A Μ. le Secrétaire d’état

Nauplie, 27 février / Il mars 1829

M. Cratéros vient d’achever la tournée qu’il a faite par notre ordre dans les différentes provinces du Péloponèse, afin d’instruire les cultivateurs dans la manière de planter et de cultiver les pommes de terre. Aux explications qu’il a données de vive voix, il a ajouté celles que renferme l’imprimé ci-joint. Il vient de nous donner l’assurance que ses soins ne manqueront pas de donner un résultat satisfaisant, surtout dans les départements de l’Élide et de l’Achaïe, si les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires peuvent ménager aux cultivateurs quelques facilités à se procurer des pommes de terre dans le courant du mois de mars. Nous vous engageons par conséquent à porter à l’approbation du conseil une circulaire que vous adresserez de notre part aux commissaires extraordinaires et aux gouverneurs provisoires de l’état, afin de leur recommander de porter encore une fois à la connaissance des cultivateurs les directions de M. Cratéros, dont les exemplaires vous seront livrés par l’imprimerie, d’après le texte ci-joint.

Là où le marché n’a pas de pommes de terre en vente, le commissaire extraordinaire ou le gouverneur provisoire tâchera d’en faire arriver, pour que les cultivateurs puissent s’en pourvoir. Dans les provinces où la misère serait extrême, le commissaire extraordinaire ou le gouverneur provisoire serait autorisé à en acheter, à les distribuer aux cultivateurs, sauf à se faire rembourser, soit en argent soit en nature, au moment de la récolte.

Pour encourager la culture des pommes de terre, les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires seront autorisés à promettre une gratification à ceux des cultivateurs qui en planteront au-delà de 200 oques. Cette gratification pourrait consister, pour les pauvres, dans la cession gratuite de la semence que le gouvernement leur aurait avancée, et pour ceux qui l’auraient achetée, dans le paiement de la valeur de la semence.

Les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires seront engagés à donner des informations très exactes au gouvernement sur le résultat des soins qu’ils auront donnés à l’exécution de cette commission importante. La circulaire approuvée par le conseil, vous l’expédierez sans retard, attendu que le temps presse. Je me charge du département de l’Argolide.

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ΠΡΟΣ ΤΟ ΥΠΟΥΡΓΙΚΟ ΣΥΜΒΟΥΛΙΟ

Correspondance, τόμος III, σσ. 85-87.

Ο Καποδίστριας ζητάει από το Υπουργικό Συμβούλιο την παραχώρηση 5000 στρεμμάτων ακαλλιεργήτου Εθνικής γης σε άπορους προκειμένου να εγκατασταθούν και να την καλλιεργήσουν με τη βοήθεια των Αμερικανών φιλελλήνων, που εκπροσωπούνται από τον Dr. Howes. Ζητάει επίσης την απαλλαγή των εν λόγω καλλιεργητών, από πληρωμές φόρων, για πέντε χρόνια.

Au Conseil ministériel

Nauplie, 12/24 mars 1829

C’est avec peine que je vois les différentes difficultés qu’élève le conseil relativement aux propositions faites par l’Américain M. Howes.

Si ce noble ami des infortunés n’avait donné du pain et du travail aux nombreuses familles auxquelles la construction de l’orphanotrophe ne pouvait plus en offrir, que seraient-elles devenues? Les travaux du quai d’Égine étant à leur terme, et le docteur Howes m’ayant consulté sur ce qu’il pouvait faire pour secourir encore les mêmes familles, je l’ai fortement engagé à s’occuper de leur établissement dans quelque terre nationale, et je lui ai promis toute l’assistance qu’il serait au pouvoir du gouvernement de lui prêter. Ainsi la lettre qu’il vous écrit en date du 4 (16) mars n’est qu’une conséquence des premières explications qu’il a eues avec moi.

Ni le lieu qu’il a choisi, ni l’étendue de terrain qu’il demande, c’est-à-dire les

5,000 stremmes, ni l’exemption pour cinq ans de tout impôt, ne sont selon moi des conditions que le gouvernement puisse rejeter.

Je dis le lieu, parce que si l’assemblée nationale de Trézène, en accueillant la demande de quelques pétitionnaires de Smyrne, leur a promis des concessions dans le même espace de terrain, celle qu’on ferait actuellement aux pauvres que les Américains coloniseraient, n’empêcherait pas les pétitionnaires de Smyrne d’en obtenir pour eux. D’ailleurs je ne sache pas que personne se soit présenté jusqu’ici au gouvernement pour réaliser le projet de la fondation de la nouvelle Smyrne. Je doute même que les pétitionnaires soient assez nombreux et possèdent les capitaux qui sont nécessaires pour l’accomplissement d’un si vaste dessein. Quoi qu’il en soit, la colonie des pauvres sera à tout événement un heureux commencement de cette grande entreprise. Les 5,000 stremmes aujourd’hui sont incultes; et grâce aux bienfaits des Américains, ce désert sera cultivé et donnera du pain aux indigents.

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Je dis l’exemption de tout impôt pour cinq ans, car ce n’est pas une concession, mais une aumône que l’état doit à des malheureux, victimes innocentes des plus cruelles catastrophes.

Je suis si convaincu de la justice du congrès national, que je n’hésite pas à prendre sur ma seule responsabilité la mesure dont il s’agit. Je réponds par conséquent par la lettre ci-jointe à M. Howes, et je vous prie, Messieurs, de la lui transmettre sans retard. Je vous prie aussi de rédiger un projet de décret qui motivera cette disposition, d’après les considérations que je viens de développer.

J’espère que le conseil accèdera à mon opinion, et qu’il la fera même partager par l’entremise de la section de l’intérieur au Panhellenium. Il lui communiquera par conséquent le projet de décret.

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ΠΡΟΣ TON DR. HOWES

Correspondance, τόμος III, σσ. 87 - 88

Για το θέμα του εποικισμού, με τη βοήθεια του Dr. Hows, στη θέση Επάνω Εξαμίλι της Αίγινας, ο Καποδίστριας απευθύνεται στον ίδιο τον Hows πληροφορώντας τον για την αποδοχή του αιτήματος παραχώρησης 5000 στρεμμάτων ακαλλιεργήτου Εθνικής Γης και την, για πέντε χρόνια, απαλλαγή από φόρους.

A Μ. le Doct. Howes, fondé de pouvoirs de la Société philanthropique des Etats-Unis

d’Amérique

Nauplie, 12/23 mars 1829

Je regrette que mon absence d’Egine ait motivé le retard qu’éprouve la réponse que le gouvernement doit à votre lettre du 4 (16) mars.

Il bénit de tous ses voeux l’oeuvre de bien que vous allez entreprendre, en colonisant un nombre de familles pauvres dans le terrain nommé Épano Hexamili.

Il accorde avec plaisir à cette colonie les 5,000 stremmes de terre que vous demandez, ainsi que l’exemption de tout impôt pour cinq ans. Quoique cette seconde concession dépasse les pouvoirs du gouvernement, je n’hésite pas à me porter responsable personnellement envers le congrès national. Si même il la désapprouvait, ce ne seraient pas les pauvres qui en souffriraient, mais moi, et tous ceux qui partagent avec moi les mêmes sentiments en leur faveur.

Commencez donc sans retard votre travail, et veuillez m’indiquer les autres

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secours que le gouvernement pourra vous donner. Soyez assuré que je vous offrirai de grand coeur ceux qui seront en son pouvoir.

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ΠΡΟΣ TON ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος III, σσ. 100 - 103

Ο Καποδίστριας πληροφορεί τον Εϋνάρδο για την κατάσταση στην οποία βρήκε τη χώρα κατά την διάρκεια της περιοδείας του. Αν και διαπιστώνει προόδους, παρατηρεί πως η γη εξακολουθεί να μένει χέρσα και τα προβλήματα επιβίωσης του λαού οξύτατα. Πιστεύει ότι η ανασυγκρότηση της χώρας μπορεί να πραγματοποιηθεί πάνω σε δύο βάσεις: την εργασία και τη στοιχειώδη εκπαίδευση. Θεωρώντας σαν απαραίτητη προϋπόθεση για την επιτυχία των στόχων αυτών την ύπαρξη χρημάτων, αναρωτιέται γιατί άλλοι κεφαλαιούχοι δε δέχονται να καταθέσουν χρήματα στην Τράπεζα, ενισχύοντας τη πίστη της και διευκολύνοντας το έργο του. Ζητάει λοιπόν από τον Εϋνάρδο, που βρίσκεται στο Παρίσι τη μεσολάβηση του σε γνωστούς γάλλους τραπεζίτες. Στο τέλος, εκφράζει την επιθυμία του και την πρόθεσή του να δημιουργήσει ένα εργαστήριο για την κατασκευή βελγικών αρότρων και ζητάει τη βοήθεια του Εϋνάρδου. Ακόμη περιμένοντας την επιστροφή του Gosse, ελπίζει στη δυνατότητα εποικισμού 200 οικογενειών ελβετών αγροτών.

A Μ. le Chevalier Eynard, à Paris

Modon, 30 mars/11 avril 1829

C’est M. le docteur Gosse qui vous porte la présente lettre. Il a fait avec moi le voyage à petites journées depuis Nauplie jusqu’ici, et il est bien à même de vous rendre compte de l’état où se trouve ce pays. Il vous dira que depuis l’année dermière les villes commencent à sortir de leurs ruines, que des écoles d’enseignement mutuel s’organisent, mais que la plus grande partie de la terre est en friche, et que par conséquent le peuple meurt de faim. Je n’entre pas dans des détails à cet égard, parce que j’en ai beaucoup parlé avec M. Gosse; il vous répètera exactement les observations que je lui ai faites sur la question des colonies étrangères, et sur celle non moins importante des secours dont nous avons le besoin le plus pressant, pour fonder la restauration de ce pays sur deux grandes bases: sur la base du

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travail et sur celle de l’instruction élémentaire.

Pour donner du travail au peuple, il faut des avances ou dans d’autres termes de l’argent. Pour donner des écoles d’enseignement mutuel à toutes les provinces, et s’il est possible à chaque village, il faut encore de l’argent, ne fût-ce que pour construire un local, des bancs, acheter des ardoises, et payer les maîtres.

Tout ce que j’ai pu faire jusqu’à présent sous ce dernier rapport n’est pas sans résultats satisfaisants. Il y a au moins 5,000 enfants qui savent déjà lire, écrire et calculer, et parmi ces enfants il y en a une vingtaine que je vais placer dans une école normale, d’où ils sortiront excellents maitres pour d’autres écoles d’enseignement mutuel. Vos 50,000 francs vont être employés, et je donnerai à cette occasion une circulaire qui sera imprimée dans les gazettes. Mais avec

50,000 francs je ne puis établir que sept ou huit écoles, sans compter leur entretien et le paiement des maîtres. Or pour répondre aux besoins du pays, il me faut au moins une cinquantaine de ces établissements, c’est-à-dire, 500 à 600,000 francs.

Pourquoi d’autres capitalistes ne suivraient-ils pas votre exemple, en plaçant à la banque quelques milliers de francs pour faire la somme susmentionnée? Il nous rendraient un double service. Ils assureraient le crédit de la banque, et ils nous donneraient le moyen de fonder en peu de temps l’instruction élémentaire au milieu de ce peuple.

Je ne prétends pas qu’ils placent comme vous 50,000 francs, ni qu’ils en fassent cadeau à la Grèce. Ils placeront leurs capitaux à l’intérêt de 8 pour 100. Ils toucheront exactement leurs intérêts dans une année, parce que c’est pour payer les intérêts, et si on le désire le capital des fonds placés l’année dernière, que je demande ce secours. Dans l’espoir que cette lettre vous trouvera à Paris, je ne doute pas du succès qu’auront vos démarches auprès de MM. Delessert, Lafitte, Ternaux, Casimir Perrier, André Cottier, Lapagrouse, Thomas Hagermann, etc. Je vais plus loin? je crois même qu’ils sont prêts à accueillir mes voeux, et dans ce cas je n’hésite pas à donner dès à présent à M. de Lasteyrie la commission de m’acheter différents objets, qui sont indispensables pour encourager les écoles existantes et pour en créer de nouvelles.

A la fin du mois de mai le congrès national sera assemblè, et je désire lui rendre compte de l’emploi que j’ai fait des secours dont les amis de la Grèce ont bien voulu me rendre dépositaire. Je vous prie donc très-instamment de m’envoyer par duplicata notre compte courant. Je verrai alors si nos écritures sont d’accord, et quelles sont les sommes que j’ai reçues de votre part.

Ce même congrès devra donner au gouvernement les pouvoirs nécessaires, tant pour arranger la grande affaire de la dette nationale à l’étranger, que pour un nouvel emprunt. Si les Puissances alliées nous accordent les garanties que je leur ai demandées, ce nouvel emprunt ne souffrira pas de difficultés. Dans le cas contraire, il faudra toujours en faire un, et dans tous les cas la Grèce devra avoir

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des fondés de pouvoirs en France ou ailleurs pour régler ces grands intérêts.

Vous m’avez proposé souvent le prince Soutzos comme agent diplomatique. Personne ici ne voudra de lui, parce qu’on ne le reconnait pas comme Grec. Plus tard on l’acceptera peut-être. Je devrai donc de toute nécessité envoyer quelqu’un du pays, et je le placerai à côté de vous et sous votre direction. Un des objets de sa mission sera d’obtenir que la Grèce puisse accréditer auprès des cours protectrices des agents avec le titre de résidents chargés d’affaires. Si les trois cabinets y consentent, il me faut au moins trois de ces résidents, et j’aime à espérer que vous voudrez bien en être un. Veuillez me faire connaître d’avance vos intentions à cet égard.

M. Gosse qui a été souvent avec moi depuis une année, vous dira comment je passe ma vie, et vous vous persuaderez alors que ce n’est pas faute de bonne volonté ni de prévoyance que je n’entretiens pas avec exactitude une correspondance suivie avec les amis de la Grèce et avec vous.

Une fois qu’il aura rétabli sa santé, M. Gosse veut nous revenir, et je le désire de grand coeur. J’aime même à espérer que jusque-là je pourrai l’engager à se faire suivre par une couple de centaines de bonnes familles suisses, qui trouveraient en Grèce de la terre, du travail, et une existence heureuse.

En attendant, je voudrais établir un atelier pour donner aux Hellènes la charrue belge. Il faut pour cela des ouvriers, une charrue modèle, et un homme qui sache l’employer. M. Gosse vous expliquera tout ceci, et vous verrez s’il est plus facile de m’envoyer cette expédition, en sollicitant la coopération de M. Dombasle, ou bien celle de votre société d’agriculture de Genève.

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ΠΡΟΣ ΤΟ ΥΠΟΥΡΓΙΚΟ ΣΥΜΒΟΥΛΙΟ

Correspondance, τόμος III, σ. 104

Ο Καποδίστριας προτίθεται να διανείμει 500.000 φράγκα στις επαρχίες εκείνες που υπέφεραν από την εχθρική κατοχή, ώστε να μπορέσουν να καλλιεργήσουν τη γη. Ζητάει από το Υπουργικό Συμβούλιο να βρει τους τρόπους για τη διανομή των χρημάτων αυτών χωρίς καταχρήσεις.

Au Conseil ministériel

Modon, 1/13 avril 1829

Vous verrez, Messieurs, par la copie des offices ci-joints le résultat satisfaisant qu’ont eu mes explications avec M. le général Maison relativement au paiement

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des subsides arriérés. Il est de mon intention et de mon devoir de destiner 500,000 francs au secours des provinces de l’état qui ont le plus souffert de la présence de l’ennemi, et qui se trouvent encore dans l’impossibilité de mettre en culture la terre ou de rétablir leurs villages.

Mais pour que le secours soit donné avec justice et avec utilité, il faut prendre d’avance les précautions que vous trouverez énoncées dans la circulaire ci-jointe aux commissaires extraordinaires et aux gouverneurs provisoires. Le secrétaire d’état les fera imprimer et expédier sans perte de temps.

En attendant les informations qu’ils vous transmettront, je vous engage, Messieurs, à préparer de votre côté un travail, par lequel vous me proposerez comment le gouvernement pourra s’assurer qu’il n’y aura ni abus ni malversation, mais stricte équité, dans la distribution du secours dont il s’agit.

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ΕΓΚΥΚΛΙΟΣ ΠΡΟΣ ΤΟΥΣ ΚΑΤΑ ΤΗΝ ΠΕΛΟΠΟΝΝΗΣΟΝ ΕΚΤΑΚΤΟΥΣ ΕΠΙΤΡΟΠΟΥΣ ΚΑΙ ΠΡΟΣΩΡΙΝΟΥΣ ΔΙΟΙΚΗΤΑΣ, ΚΑΙ ΠΡΟΣ ΤΟΝ ΚΑΤΑ ΤΗΝ ΣΤΕΡΕΑΝ ΕΛΛΑΔΑ ΠΛΗΡΕΞΟΥΣΙΟΝ ΤΟΠΟ-

ΤΗΡΗΤΗΝ(1)

Correspondance, τόμος III, σ. 105-106

Ο Καποδίστριας πληροφορεί για την πρόθεση του να διανείμει χρήματα, υπό τύπο δανείου, σε καλλιεργητές περιοχών της χώρας που δοκιμάστηκαν από την εχθρική κατοχή. Η βοήθεια αυτή θα αποτελείται από ζώα, σπόρους και γεωργικά εργαλεία. Ζητάει από τους επιτρόπους και τους διοικητές να έρθουν σε επαφή με τους δημογέροντες των χωριών της περιφερείας τους και να διαμορφώσουν προτάσεις, που θα τεθούν υπόψει του, σχετικά με το ελάχιστο ποσό που θα επαρκούσε για την κάλυψη των αναγκών, τους τρόπους διάθεση του ποσού αυτού και τις εγγυήσεις για την απόδοση των χρημάτων αυτών.

(1). Ελήφθη εκ της Γενικής Εφημερίδος της Ελλάδος του 1829, 13 Απριλίου βλ. Επιστολαί, Γ' σ. 79.

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Circulaire aux Commissaires extraordinaires, aux Gouverneurs provisoires dans le Péloponèse, et au Lieutenant plénipotentiaire dans la Grèce continentale.

Modon, 1/13 avril 1829

Le gouvernement encaissera dans le courant de ce mois 1,000,000 de francs des subsides arriérés que la Grèce doit à la bienfaisance de S.M.T.C.

Quoique cette somme soit bien modique en comparaison du déficit des finances de l’état et des besoins pressants de toutes les branches du service public, nous croyons néanmoins de notre devoir de destiner une partie de ce subside à secourir les provinces qui ont le plus souffert de la présence de l’ennemi et des conséquences funestes du désordre dont elles ont été victimes.

Nous aurions désiré pouvoir prendre cette mesure dès le mois de février; mais tous les efforts que nous avons dirigés vers ce but n’ont produit jusqu’ici que le résultat dont nous vous faisons part aujourd’hui. Toutefois si la faible somme que nous destinons est employée d’après les principes que nous allons vous indiquer ici, nous aimons à espérer que la portion la plus souffrante du peuple commencera à sortir de la misère qui l’accable.

Ce sont les citoyens qui gagnent honorablement leur existence en cultivant la terre, et qui se trouvent dans ce moment sans chaumière, sans bétail et sans instruments, que nous estimons devoir secourir de préférence. Ce secours consistera en bétail, en grains pour ensemencer, et en instruments agricoles, et ne sera accordé qu’à titre de prêt.

Vous êtes donc chargés, Messieurs, d’inviter les démogérontes des villages à articuler leurs demandes. Vous les prendrez en mûre considération, et vous nous proposerez:

1o. Le minimum de la somme qui pourrait satisfaire équitablement les besoins du pays.

2o. Le mode d’après lequel cette somme serait employée.

3o. Les garanties que vous pourrez obtenir, tant pour que l’emploi soit fait dans le principe indiqué plus haut, que pour que la restitution de la somme prêtée soit effectuée dans un espace de temps déterminé.

Si d’autres subsides viennent, ainsi que nous l’espérons, augmenter les ressources de la caisse publique, nous serons également empressés d’en faire part aux citoyens qui habitent les villes, et que les malheurs des huit dernières années mettent dans l’impossibilité de restaurer leurs maisons. Vous ne leur laisserez pas ignorer nos intentions, afin qu’ils puissent d’avance préparer les demandes que vous aurez à prendre en considération et à nous communiquer.

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ΠΡΟΣ ΤΟΝ ΔΙΟΙΚΗΤΗ ΤΩΝ ΜΕΣΣΗΝΙΑΚΩΝ ΦΡΟΥΡΙΩΝ

Correspondance, τόμος III, σ. 107-111

Μετά από τη περιοδεία του στη Μεσσηνία, ο Καποδίστριας διαπιστώνει την ανάγκη για άμεση ενίσχυση της περιοχής από μέρους της Κυβέρνησης. Εξουσιοδοτεί, λοιπόν τον Διοικητή των Μεσσηνιακών φρουρίων να ενοικιάσει διαφόρους δημοσίους προσόδους και να εκμεταλλευτεί άλλους πόρους της περιοχής, που ανήκουν στο Δημόσιο, με σκοπό να ενισχυθούν 200 περίπου οικογένειες αγωνιστών που σκοτώθηκαν κατά την κατάληψη των Μεσσηνιακών φρουρίων. Ως προς τις γενικότερες ανάγκες της Επαρχίας, ο Καποδίστριας πληροφορεί τον Διοικητή, για τις γενικές ρυθμίσεις, οι οποίες σύντομα θα του κοινοποιηθούν με εγκύκλιο. Στο δεύτερο μέρος της επιστολής του ο Καποδίστριας αναφέρεται στην ίδρυση σχολείων και στην ανασυγκρότηση των πόλεων, στις περιοχές που βρίσκονται κάτω από τη δικαιοδοσία του διοικητή.

A Μ. le Gouverneur civil des places de la Messénie

Arcadia, 3/15 avril 1829

Après avoir inspecté les provinces qui sont confiées à votre administration, après avoir reçu et pris en considération les requêtes qu’elles m’ont adressées par l’organe de leurs primats et des démogérontes, je vais vous donner par écrit et sommairement les directions que je vous ai déjà développées plus en détail de vive voix.

Quels que soient les soulagements que procure à la misère affreuse de ces provinces le séjour des troupes françaises dans les places de la Messénie, elle ne mérite pas moins les secours les plus prompts de la part du gouvernement. Il doit donc s’en procurer les moyens, et les chercher avant tout dans les ressources spéciales du pays.

Nous vous autorisons en conséquence à affermer, au moyen d’une encère publique, tous les moulins qui appartiennent à l’état dans les trois provinces. Nous vous autorisons aussi à vendre au plus offrant les ruches à miel qui appartiennent à l’état, ainsi que l’huile et autres objets qui sont en dépôt entre les mains du commandant de place de Coron. Vous demanderez à ce dernier, avant de procéder à ces deux ventes, l’état des objets existants et celui de la consommation qu’on en a faite. Je lui ai demandé moi-même ces états; mais s’il tarde à me les envoyer, vous lui réitèrerez de ma part cette invitation. Vous affermerez aussi

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tous les jardins nationaux.

Les fonds qui résulteront de ces ventes et de ces allocations seront spécialement employés au secours mentionné ci-dessus. Mais avant tout vous tâcherez de soulager la misère d’environ 200 familles d’hommes morts au commencement de la guerre, dans la conquête que la nation a faite de ces places.

D’après les renseignements que j’ai pris, ce secours provisoire pourrait consister dans la distribution immédiate d’un kilo de blé à chacune de ces familles. La dépense s’élèverait à la somme de 5,000 piastres environ, et vous êtes autorisé à la faire sans perte de temps.

Je place sous votre responsabilité personnelle la stricte équité avec laquelle ce secours sera distribué. Vous prendrez par conséquent toutes les mesures que vous jugerez convenables, pour que chaque famille reçoive exactement la part qui lui revient de ce petit secours.

Vous connaissez les explications que j’ai eues avec M. le maréchal Maison et avec l’intendant général, relativement à l’indemnité que l’armée française doit aux cultivateurs de Pétalidi, de Modon et de Coron, pour les dégâts que les champs ensemencés ont soufferts lors de l’arrivée de l’expédition. Vous tâcherez d’obtenir que cette indemnité soit payée le plus promptement possible, en offrant à l’intendance tous les renseignements qu’elle paraît désirer. Si vous pouvez obtenir que l’intendance paie 12 à 15,000 francs, ce qui serait le minimum d’après les estimations faites par les experts du pays, vous mettrez un soin tout particulier à ce que la distribution de cette indemnité soit faite avec la plus stricte équité. Si vos efforts ne parvenaient pas à ce résultat, vous nous en informeriez sans délai, pour que le gouvernement remplit envers ces malheureux les engagements qu’il a pris dans le temps avec eux.

Quant aux besoins plus généraux des provinces, vous recevrez, comme vos collègues, des ordres circulaires; et c’est sur les rapports que vous nous adresserez que le gouvernement prendra des mesures ultérieures.

Nous passons maintenant à une seconde partie non moins importante. Elle concerne l’établissement des écoles d’enseignement mutuel, et la restauration des villes et des faubourgs, dans les trois provinces que vous administrez.

Quant au premier point, il existe à Coron une mosquée que nous vous autorisons à faire réparer, dans le dessein d’y établir une école d’enseignement mutuel. Vous aurez recours pour cet objet aux fonds qui résulteront des ressources locales, dont il est fait mention plus haut; et quant à la construction des bancs, des tables, et autres objets nécessaires à l’école, vous prendrez des informations du maître d’enseignement mutuel de Modon, pour qu’ils soient faits d’après les règles de ces établissements. Les ouvriers de l’armée française vous prêteront sans doute leur assistance. Ce maître même pourrait peut-être commencer à enseigner les enfants de Coron, jusqu’à ce que l’école de Modon soit construite et montée;

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et pour ce cas il commencera, du moment que l’ecole sera ouverte, à recevoir le traitement de 200 piastres par mois.

Je vous ai indiqué la place où l’école de Modon doit être bâtie. Les 5,000 piastres qui résultent de la souscription déjà faite seront employés à cet effet, et nous n’hésiterons pas à y suppléer, si cette somme ne suffit pas, pour que l’édifice soit fait dans les proportions convenables. L’ingénieur français nous a offert déjà ses services pour tracer le plan de cette école, comme celui des villes et des villages qui présentent dans ce moment un monceau de ruines.

Il vous appartient de hâter autant que possible l’accomplissement de cette promesse, afin que les reconstructions, qui commencent déjà sur plusieurs points, soient faites d’après un plan régulier. Dès que ces plans seront faits, vous nous les transmettrez pour qu’ils soient approuvés par le gouvernement, et qu’il puisse en ordonner la stricte exécution.

Nous vous autorisons à faire achever la maison que vous avez commencée à construire à Navarin, et à prendre quelques mesures pour qu’on utilise les murailles qui existent aux environs de cette maison, dans la vue de faire plus tard un bon lazaret. Il faudra aussi en temps et lieu songer à une école pour Navarin, et vous la marquerez d’avance dans le plan de la petite ville qu’il s’agit de rétablir dans ce port.

Quant à la police sanitaire et commerciale de ce même port et des autres, vous recevrez les directions nécessaires, lorsque nous pourrons définitivement arrêter quelques arrangements à cet égard d’un commun accord avec le commandant militaire français. Nous en disons de même par rapport à l’exploitation qui s’est faite jusqu’ici des objets de prix submergés dans la rade de Navarin. Il vous est recommandé, en attendant, de nous procurer les informations les plus positives sur l’exploitation qui continuerait à se faire par la suite, et jusqu’à ce que ce grand intérêt soit également réglé d’un commun accord avec M. l’amiral Rosamel.

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ΠΡΟΣ LUTTEROTH

Correspondance, τόμος III, σσ. 129 - 130

Ο Καποδίστριας ζητάει από τον Lutteroth τη μεσολάβησή του για να επιτύχουν οι προσπάθειες που καταβάλλει για την ενίσχυση της Ελλάδας από το εξωτερικό. Στο τέλος, ζητάει τη μεσολάβησή του για την αποστολή στην Ελλάδα ενός ζευγαριού βελγικά άροτρα, του χειριστή τους και εργατών, που θα μπορούσαν να διδάξουν την κατασκευή τους.

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A M. Lutteroth

Égine, 1/13 mai 1829

Puisque vous êtes des nôtres (et vous le serez durant votre voyage et le court séjour que vous ferez à Paris jusqu’au moment de retourner en Grèce), permettez-moi de vous charger de la lettre ci-jointe pour M. Eynard. Vous pourrez conjointement avec lui nous rendre de grands services, en accélérant le résultat des démarches que je fais aujourd’hui sous les auspices du maréchal, afin de procurer à la Grèce les moyens de travailler elle même à sa restauration. Vous savez que ces moyens ne peuvent se trouver que dans la continuation des bienfaits que le roi de France nous accorde, mais plus encore dans la garantie que nous sollicitons pour contracter un emprunt. J’écris sur tous ces intérêts à M. Eynard, et j’attendrai un mot de sa part ou de la vôtre, pour envoyer à Paris des députés grecs avec les pleins pouvoirs et les instructions nécessaires.

Si par vos relations vous pouvez aisément arriver à M. Dombasle, et qu’il veuille nous envoyer une couple de charrues belges, un homme qui puissent apprendre aux Hellènes à en construire, vous aurez contribué avec lui à faire la fortune de ce pays.

Mais vous y contribuerez encore davantage en nous apportant vous-même la nouvelle que le roi a daigné accueillir avec bonté les demandes que j’adresse à son ministère, et dont M. le maréchal veut bien être le porteur.

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ΠΡΟΣ TON LUTTEROTH

Correspondance, τόμος III, σσ. 166 - 167

Ο Καποδίστριας εξηγεί στο Lutteroth τις προθέσεις του για τη δημιουργία ενός εργαστηρίου που θα κατασκευάζει βελγικά άροτρα, αλλά και το οποίο θα επέτρεπε την εκπαίδευση ελλήνων τεχνιτών. Προσθέτει ακόμη, ότι επιθυμία του είναι να βρεθεί και κάποιος που θα μπορούσε να διδάξει στους έλληνες γεωργούς τον χειρισμό των βελγικών αρότρων. Στο δεύτερο μέρος της επιστολής, πληροφορεί τον Lutteroth ότι η Τράπεζα ανταποκρίθηκε στις υποχρεώσεις της μέχρι την στιγμή εκείνη και ζητάει να του σταλούν άνθρωποι ικανοί για να την διοικήσουν. Στο τέλος προσθέτει ότι αν χρειαστούν πρόσθετες εγγυήσεις για την τοποθέτηση κεφαλαίων σε αυτήν, θα χρησιμοποιηθούν οι εθνικές γαίες.

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A M. Lutteroth.

Nauplie, 26 mai/7 juin 1829

Je m’empresse, Monsieur, de vous remercier des deux lettres que vous m’avez adressées au moment de votre départ de Modon. Je vais vous donner en peu de mots les renseignements que vous voulez bien me demander.

Il ne s’agit pas d’établir une ferme modèle, mais un atelier qui puisse nous donner quelques charrues belges. Il faudrait donc avoir les ouvriers nécessaires. Ils formeraient des Grecs à leur école, et en peu de temps les ouvriers de cet atelier pourraient être destinés à d’autres travaux, tels que la confection de chars et autres constructions semblables. Si parmi les ouvriers il y avait un homme assez intelligent pour montrer aux Grecs la manière de se servir de la charrue belge, mes voeux seraient au comble. Quant aux conditions auxquelles il serrait possible d’engager ces ouvriers, je vous laisse carte blanche.

Vous me demandez aussi des notions positives sur la banque elle-même. Les seules qu’il soit en mon pouvour de vous donner se trouvent dans le petit règlement qui est déjà sous vos yeux. J’ajouterai une notion de fait, qui vaut mieux à mon sens qu’un volume de règlements. Malgré la détresse de nos finances, la banque a rendu très-exactement à échéance aux actionnaires qui ont voulu se retirer, les fonds qu’ils y avaient placés et les intérêts qui leur étaient dus. Elle a rendu jusqu’ici environ 30,000 talaris. Cette institution est à peine ébauchée. Envoyez-moi des hommes capables de la régler dans les principes qu’on suit ailleurs avec succès, et elle le sera. Nous lui donnerons alors, s’il le faut, une nouvelle garantie, celle des dommaines nationaux. Cette garantie se trouve déjà énoncée dans les règlements existants.

Veuillez, Monsieur, continuer à ce pays l’intérêt que vous lui portez; donnez-nous de vos nouvelles, et faites, mieux, apportez-les-nous vous-même.

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ΠΡΟΣ TON ΜΕΤΑΞΑ, ΕΚΤΑΚΤΟ ΕΠΙΤΡΟΠΟ ΑΝΑΤΟΛΙΚΗΣ ΕΛΛΑΔΑΣ

Correspondance, τόμος III, 313-314

Ο Καποδίστριας παραδέχεται την επείγουσα ανάγκη ενίσχυσης των κατοίκων των Μεγάρων, διστάζει όμως να υιοθετήσει το σχέδιο που του έχει υποβάλλει για το λόγο αυτό ο Μεταξάς· η εμπειρία της προηγούμενης χρονιάς έδειξε ότι

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τα χρήματα που διατίθενται από την Κυβέρνηση δεν δαπανώνται για την καλλιέργεια των αγρών, ενώ τα οικονομικά του Κράτους βρίσκονται σε αδιέξοδο. Εκείνο όμως που, κατά τον Καποδίστρια, μπορεί να γίνει, είναι η διάθεση 30000 τουρκικών πιάστρων στον Μεταξά, από τα οποία τα 20000 θα διατεθούν για την αγορά βοδιών και τα υπόλοιπα για την αγορά κριθαριού. Ζητάει όμως τη διάθεση των χρημάτων μόνο για τους σκοπούς αυτούς και απολογισμό της διάθεσής τους. Καθιστά υπεύθυνο τον Μεταξά και προσθέτει πως τα χρήματα που θα διατεθούν θα πρέπει να επιστραφούν στο μέλλον.

A Μ. Métaxas, Commissaire extraordinaire de la Grèce orientale

Égine, 23 septembre / 5 octobre 1829

La gouvernement reconnaît la nécessité de secourir promptement les habitants de Mégare. Vous nous communiquez le plan, d’après lequel ce secours pourrait être accordé; mais nous hésitons à l’adopter, attendu que l’expérience faite l’année dernière nous prouve que l’argent serait distribué, sans que la culture des terres en retirât le moindre profit. D’ailleurs les ressources financières de l’état sont épuisées, et il serait impossible de dépenser pour cette province la somme de 10 à

12,000 piastres d’Espagne.

Tout ce que le gouvernement peut faire, c’est de mettre à votre disposition la somme de 30,000 piastres turques, dont 20,000 pour l’achat des boeufs, et 10,000 pour l’achat de l’orge.

Vous ne disposerez cependant de cette somme qu’à condition qu’elle soit employée ainsi que nous venons de l’indiquer. Vous nous direz combien de boeufs on aura acheté, et quelle étendue de terrain on aura ensemencée. Le gouvernement fera vérifier plus tard par un inspecteur qu’il enverra ad hoc l’emploi de ce subside.

Il en place toute la responsabilité sur vous, et il vous engage par conséquent à vous asurer par des garanties réelles des employés auxquels vous donnerez vos ordres à cet égard.

Vous déclarerez enfin aux habitants qui recevront ce secours qu’ils doivent s’engager à en faire la restitution à la caisse, aux époques et aux conditions dont vous conviendrez avec aux.

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ΠΡΟΣ ΤΗΝ ΕΠΙ ΤΗΣ ΟΙΚΟΝΟΜΙΑΣ ΕΠΙΤΡΟΠΗΝ

Correspondance, τόμος III, σσ. 316 - 318

Σύμφωνα με το άρθρο 2 του τρίτου ψηφίσματος της Εθνοσυνέλευσης του Άργους, επιτρέπεται στην Κυβέρνηση να προσδιορίσει τα εθνικά κτήματα που θα μπορούσαν να χρησιμοποιηθούν ως υποθήκη των κεφαλαίων, τα οποία κατατίθενται στην Εθνική τράπεζα. Ζητάει, λοιπόν, ο Καποδίστριας από την Επιτροπή να υπολογιστούν τα ποσά που οφείλει η Τράπεζα και να τα διπλασιάσουν ή να τα τριπλασιάσουν, με το ενδεχόμενο ότι τα κεφάλαια που διαθέτει η τράπεζα θα αυξηθούν με τις νέες εγγυήσεις. Στην συνέχεια θα πρέπει να προσδιοριστούν ή να εκτιμηθούν τα εθνικά κτήματα. Θα ήταν προτιμότερο, συνεχίζει ο Καποδίστριας, τα κτήματα αυτά να βρίσκονται συγκεντρωμένα στην Πελοπόννησο, την Στερεά ή τα νησιά και να είναι γνωστά στους κεφαλαιούχους και αποδοτικά. Οι σταφιδαμπελώνες της Κορίνθου, οι ελαιώνες της Άμφισσας και οι αλυκές του Αρχιπελάγους ανταποκρίνονται στις απαιτήσεις αυτές. Ζητάει ακόμη, ο Καποδίστριας, τον καθορισμό των επιτροπών που θα μεταβούν επί τόπου για τις μετρήσεις και τις εκτιμήσεις της εθνικής ιδιοκτησίας, που θα διατεθεί για τον σκοπό αυτό και προσθέτει ότι στις επιτροπές Θα πρέπει να συμπεριληφθούν πρόσωπα προς τα οποία οι κεφαλαιούχοι διάκεινται ευνοϊκά. Επιμένει στην νομική κάλυψη των παραπάνω πράξεων που θα συνοδέψουν το διάταγμα περί υποθήκης, όταν θα δημοσιευτεί.

A la Commission des Finances

Égine, 24 semptembré/6 oktobre 1829

L’article 2 du troisième décret du congrès d’Argos du 26 juillet autorise le gouvernement à déterminer le domaine national qui doit servir d’hypothèque pour les capitaux et les intérêts que la banque nationale doit et devra à ses actionnaires.

Nous vous invitons par conséquent, Messieurs, chacun de vous pour la partie qui le concerne, à vous occuper sans aucun retard des travaux qui sont nécessaires pour que les dispositions du décret susmentionné soient complètement exécutées.

Vous calculerez avant tout le capital et les intérêts que doit la banque, et vous pourrez doubler ou tripler cette somme, dans l’hypothèse que la nouvelle garantie que le gouvernement va offrir déterminera des capitalistes à placer de nouveaux fonds à la banque.

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Nous désirons que la nation obtienne de préférence ce secours de la part des Grecs, et nous aimons à l’espérer.

Après avoir déterminé la somme pour laquelle offriront une garantie les domaines que le gouvernement doit hypothéquer à la banque, il s’agira de faire le choix de ces dommaines, de les faire estimer, et de constater par des actes légalement et solennellement stipulés la nature, l’étendue et le prix des domaines susmentionnés.

Quant au choix, il serait à désirer qu’ils fussent pris collectivement dans le Péloponèse, dans la Grèce continentale ou dans l’Archipel, parmi les domaines [ont les revenus annuels sont les plus connus et les plus appréciés.

Dans cette vue vous jugerez peut-être que les vignobles de raisins de Corinthe dans le département de l’Argolide, que les oliviers de Salone et les salines dans l’Archipel, peuvent répondre d’une manière satisfaisante au grand but que nous désirons atteindre.

Vous nous proposerez les commissions d’experts qui devront se rendre sur les lieux, pour mesurer et estimer ces propriétés nationales. Il serait à désirer qu’au nombre des commissaires il y eût des citoyens connus avantageusement des capitalistes du pays.

Les procès-verbaux de l’expertise, et toutes les pièces qui seront relatives à ces opérations, seront légalisés sur les lieux par les autorités publiques du pays.

La commission des finances ajoutera à ces estimations celle qu’elle peut faire elle-même, en se fondant sur les données que lui offre sa propre administration.

Nous le répétons, il est d’une grande importance de revêtir de formes légales les actes dont il s’agit. Il est de notre intention et de notre devoir de les publier avec le décret qui statuera l’hypothèque; et ce ne seront pas les Hellènes qui devront en juger, mais les capitalistes étrangers y fixeront sans doute leur attention.

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ΠΡΟΣ TON ΒΑΡΩΝΟ De Rouen

Correspondance, τόμος III, σσ. 335-338

Ο Καποδίστριας σχολιάζει την προκαταβολή των 500.000 φράγκων από την Γαλλία. Υποστηρίζει πώς αν τα χρήματα αυτά είχαν διατεθεί στην ελληνική κυβέρνηση μερικούς μήνες νωρίτερα, θα είχαν διατεθεί στις διάφορες επαρχίες που υποφέρουν από έλλειψη ζώων και σπόρων και δεν είναι σε θέση να ανταποκριθούν στις ανάγκες τους. Η Κυβέρνηση, για να λύσει τα προβλήματα αυτά, διέθεσε χρήματα στις επαρχίες που προορίζονταν για άλλους σκοπούς, χωρίς όμως να μπορέσει να κάνει τίποτα για την Δυτική Ελλάδα που βρίσκεται σε

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εξαιρετικά δύσκολη θέση. Τα 500.000 φράγκα, που διέθεσε η Γαλλία, θα εξαντληθούν σε πολύ σύντομο χρονικό διάστημα, είτε για να καλυφθούν τα ελλείμματα που υπάρχουν είτε για να προφυλαχθούν από το λιμό οι επαρχίες της ηπειρωτικής Ελλάδας. Τα χρήματα που θα διατεθούν θα είναι υπό τύπο δανείου για την αγορά βοδιών και σπόρων. Ο Καποδίστριας στην συνέχεια αναλαμβάνει την υποχρέωση να απολογηθεί για τη διάθεση των χρημάτων αυτών, όπως και για εκείνα της προηγούμενης χρονιάς και επανέρχεται στο ζήτημα του δανείου των 60.000.000 φράγκων, ως το μόνο μέτρο που θα επέτρεπε σε διαρκή βάση την προσπάθεια για την ανασυγκρότηση της Ελλάδας.

A Μ. le Baron de Rouen, Résident de France

Nauplie, 12/24 octobre 1829.

Vous n’ignorez pas avec quelle impatience le gouvernement attendait la communication que vous avez bien voulu lui faire en date du 17 du courant.

Vous connaissez aussi les motifs qui le portaient à compter avec une entière confiance sur le subside que vous aviez annoncé dès votre arrivée en Grèce. Il va recevoir les 500,000 francs que vous êtes autorisé à mettre à sa disposition, avec des sentiments de reconnaissance qu’il ne saurait assez vous exprimer.

Si, comme nous avons eu l’honneur de vous l’énoncer plus d’une fois, ce subside nous avait été remis au mois de juillet, la plus grande partie en aurait été dès lors distribuée aux différents provinces qui, à cause de la présence des Turcs et du désordre qui en été la suite, sont privées de bétail, de semences, n’ont pas même de chaumières, et sont en un mot hors d’état de se suffire à elles-mêmes.

Le gouvernement a fait tout ce qui dépendait de lui pour leur donner quelques secours. Mégare et la Livadie en ont reçu; mais il n’a pu rien faire en faveur de la Grèce occidentale, qui est dans la plus grande détresse. Les avances faites ont été prises sur les fonds destinés à d’autres objets de première nécessité, tels que la construction de quelques abris pour les fonctionnaires publics et pour les élèves des écoles d’enseignement mutuel.

Les nouveaux 500,000 francs que la Grèce va devoir à la munificence du roi, votre auguste souverain, seront donc épuisés en peu de temps, soit pour couvrir le déficit qui existe dans la caisse publique par les dépenses mentionnées ci-dessus, soit pour préserver des horreurs de la famine les provinces de la Grèce continentale. Nous les garantirons de ce nouveau désastre, en prêtant aux habitants de ces provinces les moyens d’acheter des boeufs, des bêtes de somme et des semences.

Nous attachons le plus grand prix à vous mettre à même, Monsieur le baron, d’offrir au ministère de S. M. la connaissance positive de l’emploi que fera le

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    pouvoir faire les avances, c’est-à-dire avoir des fonds: nous ne sommes pas encore là. La sécurité extérieure suppose la paix, et la sécurité intérieure suppose en outre un gouvernement complétement organisé dans toutes ses parties. Si la Providence veut continuer ses faveurs à cette nation, nous nous occuperons plus tard de ses grands interêts, et je vous ferai part de mes observations sur la manière de les soigner. En attendant, tâchons de vivre au jour la journée; et pour cela, permettez-moi de vous lé répéter, envoyez à la banque et n’envoyez qu’à la banque tout l’argent que vous pouvez.

    Je n’ai pas le temps d’entrer avec vous dans des détails sur le contenu de la lettre de M. l’instituteur Desjardins. Ce que je désire que vous lui fassiez savoir en attendant, c’est que j’ai lu avec infiniment d’intérêt son prospectus, ainsi que le tableau des jeunes Grecs qui étudient à Munich. Le bien que M. Desjardins dit du jeune Botzaris, laisse espérer que ce seune homme justifiera les espérances de sa famille et de la patrie. Je le recommande cepandant toujours à la bienveillance et à la protection du roi de Bavière son auguste bienfaiteur. Je ne répondrai pas non plus par cette occasion à M. Ch. Sarasin. Veuillez avoir l’extrême bonté de lui écrire que j’ai reçu sa lettre du 28 janvier, que je le remercie infiniment des détails qu’elle renferme, que je bénis de tous mes voeux les soins dont il comble les élèves grecs de son institut, et que je me réserve la satisfaction de lui témoigner moi-même ma reconnaissance au premier moment.

    Enfin ne m’en veuillez pas, si j’ose vous charger de vous acquitter en partie de ma dette envers M. Fazy-Pasteur et M. Pictet-Gazenove. M. Fazy m’a écrit en date du 22 décembre qu’il désirait pouvoir m’envoyer une centaine de bèches. Dites-lui que ce qui nous a le plus manqué et nous manque encore pour la plantation des pommes de terre, ce sont les bèches. C’est avec énormément de peine que j’ai pu en faire fournir pour la plantation qui a eu lieu. M. Fazy, et tous ceux qui comme lui pensent que c’est avec les bèches et non les baïonnettes qu’on civilise un peuple, feront sans doute tout ce qui peut dépendre d’eux pour nous envoyer le plus tôt possible, et le plus grand nombre possible de ces moyens de civilisation. Ces instruments seront bien employés, je leur en réponds.

    Je ne quitterai pas le chapitre des travaux agricoles sans vous annoncer que, malgré la nature et la somme des affaires qui m’accablent, j’ai trouvé le moyen de m’occuper particulièrement de plantations d’arbres. Le Péloponèse et les îles en sont complétement dégarnis. Les Turcs les laissaient détruire anciennement, et les Grecs ont fait pis que les Turcs en déracinant les derniers restes. C’est de Candie que j’ai fait transporter à Égine un million de châtaigniers et d’autres arbres; reste à savoir si l’on s’est bien pris pour faire prospérer cette nouvelle plantation. C’est en automne qu’il faudra penser à cette grande oeuvre. Pour y penser avec succès, j’invoque le secours de M. le professeur de Candolle.

    Je m’arrête pour le moment ici, et je vous fais mes excuses du désordre de