Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄

Τίτλος:Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄
 
Τόπος έκδοσης:Κέρκυρα
 
Εκδότης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
Συντελεστές:Δήμητρα Πικραμένου-Βάρφη
 
Έτος έκδοσης:1983
 
Σελίδες:324
 
Θέμα:Επιστολές προς Εϋνάρδο, Λεοπόλδο του Σαξ Κόμπουργκ και Μιχαήλ Σούτσο
 
Χρονική κάλυψη:1829-1831
 
Άδεια χρήσης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
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Εμφανείς σελίδες: 57-76 από: 323
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soit qu’une négligence de sa part, mais elle est bien malheureuse; et comme ces accidents se renouvellent presque à chaque courrier qui arrive de France, je dois vous réitérer la prière de m’adresser vos lettres par la voie du commerce, ou par Marseille, ou par l’Italie.

Dieu vous rendra, mon cher Eynard, le bien que vous faites à ce pays. Vos 340.000 francs me mettent hors d’embarras et d’angoisse pour le mois de juin et peut-être aussi pour le mois de juillet.

Persévérez dans vos démarches, et faites en sorte que les secours que vous avez sollicités arrivent; mais je le répète, qu’ils ne tardent pas au delà de quelques jours du mois d’août.

Je vais m’occuper de l’idée que vous m’annoncez. Il n’est pas aussi facile que vous le pensez de porter le sénat ou les provinces à prendre l’initiative sur le choix du souverain. Cependant je tâcherai de tirer parti des adresses que les provinces viennent de m’envoyer. Je verrai quelle est la communication que je pourrai faire, pour bâter les décisions définitives des cours alliées.

Sans doute les deux candidats qui paraissent en première ligne, c’est-à-dire le prince Frédéric des Pays-Bas et un prince de Bavière, doivent également réunir les suffrages de la Grèce. L’un est déjà trèsavantageusement connu dans ses états, et par la place éminente qu’il occupe, et par les immenses services qu’il a rendus à la Hollande. L’autre a pour lui la reconnaissance qu’inspirent aux Grecs les bienfaits et l’intérêt bienveillant que leur a prodigués le roi de Bavière. Je verrai sous peu de jours si je puis adresser sur ces grandes questions un mémoire aux cours alliées. En attendant, je vous autorise à vous servir du peu de mots que je vous adresse à cet égard, là où vous jugerez le plus utile.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 67 - 69.

[Ο Καποδίστριας ενημερώνει τον Εϋνάρδο για τις αντιδράσεις που προκαλεί στο εσωτερικό της χώρας η παραίτηση του πρίγκηπα Λεοπόλδου του

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Σαξ Κοβούργου και αναφέρεται στις ενέργειες στις οποίες προτίθεται να προβεί.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Paris.

Nauplie, 21 juin/3 juillet 1830

J’ai déjà répondu, mon cher Eynard, à vos lettres du 24 et du 25 mai, et je vous ai adressé mes actions de grâces pour le secours de 340.000 francs que la Grèce doit à votre persévérante sollicitude. Dieu vous rendra le bien que vous lui faites.

Je profite aujourd’hui de l’obligeance de M(onsieur) l’amiral de Rigny. Il a la bonté de m’avertir que le courrier qu’il expédie se chargera de la présente, et je la place sous les auspices de M(onsieur) Litardi.

Je ne vous répéterai pas les raisons qui me portent à faire des vœux bien sincères et bien ardents, pour que les cours alliées ne tardent plus à procéder au choix du nouveau souverain, et à faire connaître aussi à la Grèce leurs intentions.

Il y aura nécessairement un intervalle entre le choix du souverain, son acceptation, et son arrivée en Grèce. Durant ce temps de crise, il est d’un grand intérêt que le pays reste tranquille, et que les Puissances puissent y exécuter leurs décisions, si la Porte n’élève pas de difficultés à cause de l’abdication du prince Léopold.

Ce qui aurait été sans doute moins embarrassant et plus heureux sous ce rapport, c’eût été que le prince Léopold n’eût pas renoncé. J’ ignore quelle est l’impression que lui laisseront les lettres que je lui ai adressées durant les mois de mai et de juin. Si des motifs d’une autre nature ont engagé S(on) A(ltesse) R(oyale) à résigner, mes lettres ne produiront aucun effet. Dans le cas contraire, elles le porteront peutêtre à revenir de sa résolution et à accepter encore une fois. Quoi qu’il en soit, je vous supplie d’insister sur les observations et sur les demandes que vous avez faites à Messieurs les ambassadeurs des Puissances.

Nous sommes ici travaillés par les intrigants de tout genre. Vous connaissez l’affaire des adresses au prince Léopold. Aujourd’hui il est question d’une nouvelle adresse que cette poignée de soi-disant mécontents enverrait à la conférence de Londres, afin de solliciter l’élection d’un souverain. On m’a fait plusieurs rapports sur cette nouvelle intrigue, et j’ai donné la même réponse. J’ai dit et répété qu’une démarche semblable ne peut avoir un effet utile qu’autant qu’elle sera faite dans des formes légales et avec la sanction du gouvernement.

Les diplomates qui sont accrédités auprès du gouvernement actuel m’ont parlé de ces menées. Je leur dis: «Laissez faire, Messieurs, ces

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gens-là; mais laissez-les faire tout seuls. Qu’en arrivera-t-il? De deux choses l’une. Ou les cours alliées reconnaîtront cette poignée d’hommes comme les véritables et légitimes représentants de la nation, ou non. Dans le premier cas, c’est de ces hommes que je formerai la régence; ainsi délivré de mon énorme fardeau, je serai heureux. Dans le second cas, ces hommes de malheur seront considérés pour ce qu’ils sont, et la Grèce en sera enfin délivrée».

Hier en discutant amicalement cette thèse avec M(onsieur) l’amiral de Rigny, je lui ai démontré avec une évidence incontestable que je ne redoutais pas ces menées ni leurs résultats; que si les Puissances voulaient mettre encore une fois à l’épreuve ces prétendus patriotes de la Grèce, elles n’auraient qu’à leur confier, ne fût-ce que pour quelques jours, la direction des affaires de cette malheureuse nation; qu’en mon particulier je me retirerais, et que les faits caractériseraient mieux que je ne veux le faire et ces hommes et leurs œuvres. Monsieur l’amiral a paru d’accord avec moi. Il est bon que vous soyez au courant de tout ceci.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣΛΕΟΠΟΛΔΟ ΤΟΥ ΣΑΞ ΚΟΒΟΥΡΓΟΥ

Correspondance, τόμος IV, σ. 79 - 85.

[Ο Καποδίστριας ανακεφαλαιώνει τη στάση του απέναντι στον πρίγκηπα Λεοπόλδο του Σαξ Κοβούργου και επισημαίνει ότι τόσο ο ίδιος όσο και ο ελληνικός λαός περίμεναν πολλά από την εκλογή του στο θρόνο της Ελλάδος.]

A S(on) A(ltesse) R(oyale) le Prince Léopold.

Nauplie, 14/26 juillet 1830

Les documents qui accompagnaient la lettre dont Votre Altesse Royale a bien voulu m’honorer en date du 1er juin étaient déjà parvenus à la connaissance de la Grèce par la voie des journaux.

Si, comme je l’espère, Votre Altesse Royale a reçu les dépêches

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que j’ai pris la liberté de lui écrire dans le courant du mois de mai, elle aura jugé des motifs qui me portaient à solliciter Votre Altesse Royale avec tant d’instance de hâter son arrivée en Grèce.

Ma lettre du 30 mai/11 juin vous donnait, mon prince, les informations les plus détaillées sur l’état intérieur du pays. Elle vous rendait compte des mesures que j’avais prises pour éclairer les provinces sur d’odieuses intrigues. J’avais mis sous les yeux de Votre Altesse la circulaire du 24 mai/5 juin, et je lui avais annoncé en même temps que je ne doutais pas de ses résultats.

Je n’ai pas été déçu dans mon attente. Toutes les provinces ont exprimé dans des adresses légalement faites la gratitude dont elles étaient pénétrées pour les bienfaits des cours alliées, et la confiance sans bornes qu’elles étaient heureuses de placer dans vos nobles intentions. Toutes d’une voix unanime suppliaient Votre Altesse de hâter le moment de son arrivée, car elles reconnaissaient qu’il était désormais réservé au prince souverain, investi de la confiance des cours alliées, d’accomplir les destinées de la Grèce.

J’allais transmettre à Votre Altesse l’expression de ces sentiments et de ces vœux, lorsque la publication des notes du 15 et du 21 mai vint frapper les Hellènes d’étonnement et de douleur.

Que Votre Altesse Royale me permette de fixer encore une fois son attention sur la marche que le gouvernement a dû suivre pour s’acquitter de ses devoirs envers le pays, et pour répondre en même temps à la confiance des cours alliées et à celle de Votre Altesse Royale.

Je le répéterai, mon prince: il aurait cru mal remplir cette double tâche, s’il n’avait pas soumis aux augustes fondateurs du nouvel état et à Votre Altesse ses observations respectueuses, tant sur quelquesunes des dispositions du protocole du 3 février, que sur le mode d’après lequel il lui avait été notifié; mais en même temps il appréciait trop l’étendue des obligations qu’imposait à la Grèce cet acte qui lui garantit le plus grand bienfait, celui d’une indépendance complète, pour ne pas se laisser guider dans sa réponse officielle aux résidents des cours alliées par la seule impulsion de sa reconnaissance.

Daignez, mon prince, jeter les yeux sur ce document, et vous en aurez, j’espère, la conviction.

Le gouvernement grec y déclarait qu’il exécuterait les clauses du protocole, lorsqu’il en serait requis; et que, puisqu’il restait encore à la Grèce des vœux à former, des espérances à nourrir, c’était dans le sein de Votre Altesse Royale qu’elle les déposerait.

Ces vœux et ces espérances, le sénat les a consignés dans son mémoire; et par ma correspondance particulière je me suis borné à donner à Votre Altesse toutes les notions qui pouvaient la mettre à même d’en porter

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un jugement. Cette partie de mes communications n’était donc pas du domaine de la diplomatie.

En choisissant une forme confidentielle, je n’ai eu d’autre but que d’offrir à Votre Altesse Royale l’occasion, et peut-être même les moyens, d’accomplir les intentions généreuses qu’elle avait manifestées par sa lettre du 28 février. Votre Altesse Royale me rendra la justice de croire que je ne pouvais dans aucun cas avoir la pensée de montrer au monde les Grecs méconnaissant leurs obligations envers les Puissances, et encore moins celle de provoquer des discussions, qui auraient pu compromettre gravement les intérêts les plus chers du nouvel état.

Si en effet les négociations avaient pu offrir encore quelques chances favorables, il n’y avait que Votre Altesse Royale qui fût à même d’en tirer parti, et de faire accueillir les vœux légitimes de sa nouvelle patrie. Mais s’il en était autrement, la carrière que vous étiez appelé à parcourir, j’ose l’affirmer, mon prince, n’en eût été que plus glorieuse.

Vous l’auriez entreprise, fort des sentiments généreux que vous inspirait la destinée de ce pays. Les Grecs auraient admiré votre noble courage; la plus juste des causes triomphait de tous les obstacles, et la Providence aurait béni vos sacrifices et vos efforts. Une délimitation plus conforme aux espérances des Grecs ne leur aurait assurément laissé rien à désirer; dans cette heureuse position Votre Altesse Royale aurait vu disparaître beaucoup de difficultés, qui ne sont que trop inhérentes à la nature des arrangements qu’il s’agit maintenant de mettre à exécution.

Plus les difficultés sont grandes, plus il y a de mérite à s’en charger, et de gloire à les aplanir. Un long travail poursuivi de bonne foi, et avec la persévérance que donnent toujours des intentions droites et pures, rend souvent possible dans les affaires humaines ce qui au premier abord paraît improbable.

Votre Altesse Royale trouvera, j’espère, dans ces observations la mesure des regrets très-profonds et très-sincères, que me fait éprouver la résolution qu’elle a prise. Ces regrets, Votre Altesse Royale peut en être assurée, sont partagés vivement par le sénat et par la nation.

Je vais porter à leur connaissance le lettre de Votre Altesse du 1er juin, la présente réponse, ainsi que l’office par lequel j’en donne communication aux résidents des cours alliées.

Convaincu, comme vous devez l’être, mon prince, de l’affection et du dévouement dont les Grecs vous auraient donné des preuves, veuillez leur conserver votre intérêt bienveillant. A leur tour ils garderont à jamais le souvenir reconnaissant des généreuses démarches que Votre Altesse a bien voulu faire en leur faveur.

En mon particulier, je prie Votre Altesse Royale de croire que j’attacherai toujours un prix infini à ses bontés.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 91 - 94.

[Ο Καποδίστριας αναφέρεται και πάλι στον τρόπο με τον οποίο πρόκειται να διαχειριστεί τα ποσά, τα οποία ελπίζει ότι θα του στείλουν οι Μεγάλες Δυνάμεις. Υπενθυμίζει ότι επείγει πάντοτε η εκλογή κληρονομικού άρχοντα για το θρόνο της Ελλάδος, ώστε να εξασφαλισθεί η τάξη στο εσωτερικό της χώρας.]

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, aux bains des Pyrénées.

Nauplie, 17/29 Juillet 1830

Après une longue et pénible attente j’ai enfin reçu, mon cher Eynard, vos lettres du 5, du 12, du 23 et du 24 juin. Elles me sont arrivées en même temps que la dépêche du 1er juin, dont S(on) A(ltesse) R(oyale) le prince Léopold a bien voulu m’honorer.

Il me serait impossible de trouver des expressions pour vous témoigner la gratitude que vous doit la Grèce pour toutes les peines que vous vous êtes données, afin de la préserver de la catastrophe dont la menaçaient la détresse de ses finances et les coupables menées de ses ennemis.

Mes lettres du 20 juin / 2 juillet et du 21 juin/ 3 juillet vous ont donné assez de détails et sur un point et sur l’autre. Je ne vous en envoie pas le duplicata, pour ne pas trop grossir ce paquet.

Les subsides que vous avez obtenus nous feront vivre paisiblement jusqu’à la fin d’octobre. Si en effet les 500.000 francs de la France et les 500.000 francs de la Russie arrivent, comme il vous plaît de me le faire espérer, dans le courant de ce mois, je pourrai payer à l’armée le trimestre qui échoit le 10 août, et je couvrirai aussi les autres dépenses avec les revenus du pays. D’autre part si l’Angleterre nous donne 500.000 francs, je pourrai peut-être au moyen de ce secours dans cet intervalle de temps faire avancer de quelques pas l’organisation des Rouméliotes, dont s’occupe avec succès le général Gérard.

Espérons que dans ces entrefaites les Puissances alliées auront élu le nouveau souverain, et que la grande affaire de l’emprunt sera terminée.

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Vous devez considérer désormais ces deux questions comme étant de rigueur. Elles sont le sine qua non de la restauration de la Grèce.

M(onsieur) le prince Soutzos m’a aussi envoyé son premier rapport qui va jusqu’au 21 juin. Je lui en accuse aujourd’hui réception, et je lui transmets des documents dont il s’empressera de vous donner connaissance. Ces documents sont la réponse que j’adresse au prince Léopold, un message au sénat, et l’office par lequel j’accompagne cette communication à Messieurs les résidents des cours alliées. Je lui envoie aussi la copie de quelques pièces concernant le général Church.

L’ensemble de ces documents vous prouvera que j’ai profité des informations que renfermaient vos lettres. Je signale au prince Soutzos le point de vue sous lequel je désire qu’il présente aux trois cabinets ma réponse au prince Léopold et les autres pièces qui l’accompagnent.

Vous verrez l’usage que j’ai fait des adresses que toutes les provinces m’ont envoyées, et j’aime à espérer que les cours alliées seront satisfaites des facilités que j’apporte au prompt succès de leurs délibérations par rapport au choix du prince souverain.

Je fais des vœux bien sincères et bien intéressés pour la santé de M(ada)me Eynard. Il me tarde d’apprendre que les bains l’ont parfaitement rétablie, et que vous serez en état de revenir à Paris pour y achever votre propre ouvrage. Ce n’est que vous et vous seul qui pouvez intervenir de la part de la Grèce dans l’affaire vitale de l’emprunt. Ce n’est que vous qui pouvez donner au nouveau souverain des informations utiles sur la tâche qu’il aura à remplir.

Je continuerai à vous écrire quelques mots jusqu’à votre retour des bains, et je donnerai en attendant au prince Soutzos des instructions dont il recevra l’ordre de vous tenir au courant.

J’écris au prince que j’accepte avec reconnaissance les services qu’il rendra à la Grèce, mais que je ne pourrai prendre aucune mesure à son égard, attendu qu’à la veille de la nomination du souverain de la Grèce, ce n’est pas moi qui puis l’accréditer auprès de S(a) M(ajesté) le roi de France. Vous avez pourvu à son entretien pour le moment, et Dieu pourvoira au reste.

P. S. J’ai reçu déjà le numéro 3 des rapports que le prince Soutzos veut bien me faire, et je lui écris aujourd’hui directement pour le remercier et l’engager à me continuer ses informations qui sont d’un grand intérêt pour moi. On vient de m’annoncer que le 1.000.000 est arrivé à Modon. C’est du baume sur nos plaies.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Μουσείο Μπενάκη, αρχείο 46 (Σούτσου - Καρατζά) φ. 19, 2 δίφυλλα (αρ. 798, 799) 25,6 X 20 εκ. και Correspondance, τόμος IV, σ. 94-101.

[Ο Ιω. Καποδίστριας έχει ήδη λάβει τις πρώτες αναφορές του πρίγκηπα Μ. Σούτσου και του δίνει εντολές σχετικά με τις προτεραιότητες που πρέπει να επιδιώξει. Ταυτόχρονα, τον ενημερώνει για την κατάσταση που επικρατεί στο εσωτερικό της χώρας.]

A Son Altesse Monsieur le Prince Soutzo etc. à Paris.

Nauplie le 17/29 Juillet 1830

C’est avec infiniment d’intérêt et de satisfaction que j’ai lu, mon Prince votre premier rapport. Les lettres de M(onsieu)r Eynard qui arrivent à la date du 24 Juin complètent les informations que j’attendais avec une légitime impatience.

Si quelque chose peut mitiger les regrets que me fait éprouver le départ de M(onsieu)r Eynard c’est de vous voir déjà placé de manière à pouvoir continuer utilement les services que la Grèce doit à cet infatigable et généreux ami de ses intérêts les plus chers.

Il m’écrit d’avoir pourvu à votre entretien pour le moment. S(a) M(ajesté) le Roi de France vous honore de ses bontés, ses ministres vous accordent leur confiance. Dans cette heureuse position vous êtes bien accueilli par les Ambassadeurs des autres Puissances. Etant rempli de zèle pour plaider la cause de votre patrie et en ayant les talens vous pourrez justifier son attente et acquérir de nouveaux titres à sa gratitude. Je m’en félicite et je vous en félicite.

A la veille d’apprendre le choix du Souverain qui aimera sans doute à vous charger de la légation de Paris, je ne puis pas vous donner aujourdhui par des lettres de créance le caractère d’agent diplomatique

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du Gouvernement Grec. Vous l’êtes par le fait. Les services que vous rendrez et la force des choses feront le reste.

En attendant j’ai recommandé à M(onsieu)r Rizo de vous transmettre des documens sur lesquels je désire que vous appeliez l’attention du Ministère de S(a) M(ajesté) T(rès) Chrétienne et celle de M(essieur)s les Ambassadeurs d’Angleterre et de Russie. C’est dans cette vue que que j’en ai fait donner connaissance à M(essieur)s les Résidens accrédités auprès du Gouvernement Grec.

Ces documens ont trait à l’abdication du Prince Léopold et aux mesures que j’ai dû prendre pour préserver la Grèce Occidentale, autant qu’il pouvait dépendre de moi des complications et des malheurs dont φ. lv la menaçait la réalisation des projets du / Général Church et d’une poignée d’intrigans étrangers et Grecs qui semblent disposés à le seconder. C’est par cette dernière affaire que je commencerai.

On trame en Grèce depuis quelque temps une espèce de complot contre l’ordre actuel des choses. J’ai donné des notions très positives à ce sujet tant à S(on) A(ltesse) R(oyale) le Pr(ince) Léopold qu’à M(onsieu)r Eynard, et vous croyant au fait de ces détails je me dispense de les résumer ici.

J’ai ordonné à M(onsieu)r Rizo de vous informer des circonstances et des motifs qui m’ont porté à donner aux Gouverneurs civils la circulaire du 24 Mai/5 Juin. Vous en voyez aujourdhui les résultats, tant dans ma réponse au Prince Léopold, que dans les autres pièces qui accompagnent cette communication.

Nous avons ici une poignée d’hommes qui se démènent afin d’entraver la marche du Gouvernement dans les relations intérieures et de présenter sous un faux jour le système qu’il a adopté dans les grandes questions du sort de la Grèce. M(onsieu)r le Gén(éral) Church a fait cause commune avec cette clique, et c’est probablement après de longues et mystérieuses délibérations, qu’il s’est décidé à se lancer le premier dans l’arène. J’ai considéré toutes les combinaisons de ces pauvres et méchants esprits comme je le devais, et je les ai méprisées. Du moment cependant que les intrigues peuvent passer du domaine des ténèbres dans celui de la lumière et devenir des réalités, il est de mon devoir de les arrêter dans leurs résultats, et s’il le faut d’en extirper le principe. Je me suis conséquemment tracé une ligne de conduite que je suivrai fort de la droiture et de la pureté de mes intentions et de la confiance de la Nation.

Vous comprendrez maintenant les motifs qui m’ont porté à donner au Commissaire Extraordinaire de la Grèce Occidentale l’ordre d’engager le Gén(éral) Church à retourner sur ses pas et à quitter le territoire φ. 2r du Nouvel Etat. Vous comprendrez aussi pourquoi j’ai fait part / aux

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Résidens étrangers des instructions dont j’ai muni M(onsieu)r Bado.

Je désire bien sincèrement que cette mesure suffise et que d’autres personnes peut être plus nuisibles et plus coupables que ne l’est M(onsieu)r le Gén(éral) Church, fassent un retour sur elles mêmes et se conduisent comme l’honneur et le devoir l’exigent. Mais s’il doit en être autrement, quelle que soit la peine que j’en éprouverai, je m’acquitterai de ma tâche et je tâcherai de les placer dans une position où elles seront dans l’impossibilité de troubler la tranquillité du pays.

Je vous répéterai ici une observation que j’avais consignée dans une de mes lettres au Prince de Cobourg, et qu’il est important que vous ne laissiez pas ignorer au Ministère de S(a) M(ajesté) T(rès) Chrétienne.

Toutes les informations qu’il aura reçues lui auront prouvé que l’ordre se maintient en Grèce et que partout le peuple est voué au travail et se montre inaccessible aux perfides insinuations dont l’environnent des hommes qu’il connaît et qu’il juge avec infiniment de bon sens. Ce fait répond à toutes les calomnies, mais un autre fait non moins frappant, est celui des adresses que toutes les provinces m’ont envoyées du moment qu’elles ont eû connaissance de ma circulaire aux Gouverneurs civils. C’est maintenant sur ce sujet que je vais vous entretenir.

Ma circulaire avait pour but de déjouer les meneurs. Ils voulaient présenter la Grèce en opposition avec son Gouvernement, et le pays s’est montré uni plus que jamais avec lui. Elle a fait plus, elle a exprimé ses sentimene de reconnaissance envers les Puissances alliées, et elle a appelé de tous ses vœux dans son sein le Prince Souverain qu’elles lui destinaient. Cependant devant prononcer ses vœux sans manquer à ce qu’elle se doit à elle même la Grèce a dit: Puisque d’après les décisions des Cours Alliées je ne puis jouir du bienfait de l’indépendance qu’au moyen d’un Gouvernement monarchique confié à un Prince Souverain φ. 2v choisi par les fondateurs du nouvel / Etat, j’appelle de tous mes vœux le Prince qu’elles ont élu, parceque c’est lui seul qui peut désormais accomplir mes destinées.

C’est au moment où je préparais l’expédition de ces adresses au Prince Léopold, que les journaux ont répandu la nouvelle de son abdication.

Plus tard j’ai reçu sa lettre du (Premier) Juin votre rapport et les lettres de M(onsieu)r Eynard. Vous verrez ma réponse, le message au Sénat et l’office aux Résidens des Cours Alliées. Vous partagerez mon opinion. Vous jugerez qu’il m’eut été impossible de faire davantage à l’effet de garantir la Grèce de la grave responsabilité que ferait peser sur elle la lettre du Prince Léopold du (Premier) Juin, si les observations qu’elle renferme pouvaient compliquer de nouveau les négociations et retarder le choix du Souverain.

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Le Prince Léopold relève les difficultés qui sont inhérentes à la délimitation du Protocole du 3 Février. II fait sentir qu’il ne veut pas être imposé à la Grèce. La Grèce lui répond: Qu’elles que soient ces difficultés, si les négociations actuelles ne peuvent pas les applanir, dois - je pour cela renoncer à mon indépendance? Mais puisque cette indépendance ne m’est accordée qu’à condition que je serai gouvernée par un Souverain choisi par les Cours Alliées, ayant accepté avec gratitude cet inappréciable bienfait, je vous appelle de tous mes vœux dans le sein de la nouvelle patrie que vous avez adoptée.

La manifestation de ces sentimens me paraît aller au devant des scrupules que pourrait avoir pour accepter la Souveraineté de la Grèce, le Souverain qui sera choisi. Et c’est dans cette vue que j’ai nuancé la rédaction de toutes les pièces que les Résidens mettront sous les yeux de leurs Souverains.

Dépositaire comme vous l’êtes maintenant de la pensée dans laquelle ces pièces sont conçues vous pourrez donner tant à M(onsieu)r le Pr(ince) de Polignac qu’à M(essieurs) les Ambassadeurs d’Angleterre et de Russie des explications qui ne leur laisseront pas de doute sur le prix que j’attache à contribuer de tous mes efforts à l’accomplissement le plus φ. 3r prompt des intentions généreuses de leurs Souverains. /

M(onsieu)r l’Ambassadeur d’Angleterre vous a témoigné le désir de voir que la Grèce propose des candidats aux Puissances Alliées. Une démarche semblable suppose deux choses. D’abord dans le Gouvernement Grec la faculté de la faire, en second lieu, la certitude du succès. Je n’ai ni l’une ni l’autre. La Nation ne m’a pas investi de ce pouvoir, et quelle garantie puis je avoir que le choix sera fait sur la double ou triple liste que je proposerai? Quels motifs en outre peuvent guider le Gouvernement Grec dans ses propositions? Tout ce que je pourrais faire ce serait de tirer parti des adresses que les Provinces m’ont envoyées en faveur du Prince Léopold, et de les faire tourner au profit des négociations dont s’occupent les Cours Alliées pour choisir le nouveau Souverain. Je ne puis et ne pouvais rien de plus.

Ce que je vous recommande c’est de ne négliger aucune occasion afin de hâter par vos instances le choix du Souverain. Ce choix répondra sans doute aux vœux de la Grèce, parceque les Puissances ne peuvent vouloir que ce que veut cette nation.

Il me reste à vous parler des subsides. Vous m’avez annoncé la bonne nouvelle que vous avait donnée M(onsieu)r Boisleconte. M(onsieu)r Eynard me dit qu’il ne quittera Paris que lorsqu’il saura le million embarqué pour la Grèce. Tout ceci me rassure. Cependant comme plus d’une fois des subsides déjà arrêtés et même arrivés en Grèce ont tardé longtemps à être mis à la disposition du Gouvernement, je dois vous

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engager à insister pour que le million dont il s’agit soit remis au Gouvernement tout au plus tard dans le courant du mois d’Août. Tout retard pourrait devenir funeste.

Vous insisterez également auprès de M(onsieu)r l’Ambassadeur d’Angleterre pour que les 500 m(ille) fr(ancs) promis aussi par sa Cour soient une heure plutôt envoyés en Grèce et remis au Gouvernement.

Je finis cette longue lettre dictée à la hâte et que j’ai à peine le φ. 3v temps de relire. Je vous écris comme si je vous parlais. /

Je recevrai avec beaucoup d’intérêt les rapports que vous me promettez tous les 15 jours et je vous prie de m’écrire aussi par la voie du commerce. Les négocians de Syra deviendront volontiers nos intermédiaires. Vous m’y adresserez vos lettres sous l’enveloppe de M(onsieu)r Dumas.

Vous conserverez à vos rapports la forme confidentielle que vous avez donnée à votre n(umér)o 1. M(onsieu)r Rizo vous tiendra au courant des actes publics qui peuvent vous intéresser. Vous pouvez lui écrire pour cette partie du service, mais vous m’adresserez directement vos lettres comme vous venez de le faire.

P(ost) S(criptum). Au moment de cacheter la présente je reçois, mon Prince votre rapport sous n(umér)o 2 et la continuation du n(umér)o 1. M(onsieu)r de Wrède qui me les apporte m’annonce que le bâtiment avec lequel il a atteint Navarin est chargé aussi des subsides. En lisant ma longue lettre vous jugerez de l’importance que j’attache à ce double secours. Les informations que vous me donnez sont satisfaisantes et j’aime à espérer que celles que vous serez dans le cas de me transmettre après la réception des pièces que M(onsieu)r Rizo vous envoie le seront encore davantage. Je ne doute pas que ma réponse au Prince Léopold n’obtienne le suffrage des Cours Alliées et des amis véritables de la cause grecque. Il me sera cependant très agréable de l’apprendre.

Je ne vous répète pas ce que je vous ai observé relativement au choix du Prince. Je fais des vœux pour que les Puissances accordent leur préférence aux candidats qui postulent le moins la principauté de la Grèce. Ce peu de mots vous explique combien je serai heureux d’apprendre que les négociations ont appiani les difficultés dont vous me parlez, tant par rapport au Prince Frédéric des Pays - Bas, que par rapport au Prince de Prusse. Espérons en Dieu et dans la haute sagesse des Puissances Alliées,

φ. 4r Insistez toujours sur l’urgente nécessité de hâter le choix du Prince / Souverain et son arrivée en Grèce.

L’état provisoire est un état de crise, et cette crise ne peut durer longtemps sans aggraver de plus en plus les dangers de tout genre qui

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menacent ce pays. Je ferai mon devoir, mais c’est pour m’en acquitter en bonne conscience que je ne cesserai de solliciter la prompte décision des deux affaires qui sont en discussion. Je veux dire l’élection du Prince Souverain et la conclusion de l’emprunt.

Les Commissaires Turcs sont arrivés à Négrepont et ils sont pressés d’en finir. Omer Pacha ne l’est pas, et M(essieur)s les Résidens ainsique les Amiraux ne le semblent pas non plus parcequ’ils manquent d’instructions.

Dans le voisinage de l’Acarnanie et de l’Etolie la guerre civile et le désordre sont à leur comble malgré l’arrivée du Visir à Bittoglia. En Candie on s’égorge de temps en temps comme à l’ordinaire. A Samos les choses sont disposées de manière à ce que la transition ne sera pas aussi difficile.

Le Gouvernement entretient des relations très amicales avec les Turcs limitrophes. Voilà le bulletin du jour.

Veuillez me rappeler au souvenir de M(onsieu)r de Boisleconte et de M(essieurs) les Ambassadeurs d’Angleterre et de Russie. Ne m’oubliez pas auprès de Madame de Moncalm. M(onsieu)r Rizo vous enverra la réponse que M(essieurs) les Résidens viennent de me faire. Lisez la avec attention, je ferai tout ce qui peut dépendre de moi pour que le Sénat exprime d’une manière plus positive les vœux qu’exprime mon message et mon offre aux Résidens.

Je vous salue et je suis tout à vous.

(signature)

25

ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Μουσείο Μπενάκη αρχείο 46 (Σούτσου - Καρατζά) φ. 19, 1 δίφυλλο (αρ. 800) 25,4x20,2 εκ. ανέκδοτη

A Monsieur le Prince M. Soutzo etc. à Paris.

Modon le 27 Juillet/8 Août 1830

J’ai reçu, mon Prince, votre rapport sub n(umér)o 3. Les nouvelles qu’il renferme étaient déjà arrivées directement d’Alger à Monsieur

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le Vice - Amiral de Rigny. Je me suis réjoui du brillant succès de l’expédition comme je prendrai toujours une part vive et sincère à tout ce qui peut contribuer à la gloire de S(a) M(ajesté) T(rès) C(hrétienne) de son armée et de la France.

M(onsieu)r Rizo vous enverra la réponse que le Sénat vient de faire à mes dernières communications ainsique la note par laquelle je les transmets à Mess(ieur)s les Résidens des Cours Alliées. Ces Messieurs attachaient un grand prix à ce que le Sénat, en se pénétrant de la pensée dans laquelle le Gouvernement avait répondu au Prince Léopold, exprimât aussi le vœu de voir accompli une heure plutôt le choix du Prince Souverain. Les termes dans lesquels le Sénat s’est acquitté de cette tâche ont complètement répondu à l’attente de Messieurs les Résidens, et j’aime à espérer que les rapports qu’ils adresseront dans cette circonstance à leurs Cours, leur prouveront encore une fois que durant tout le cours de ces transactions le Gouvernement Grec a rempli ses devoirs de manière à faciliter, pour autant qu’il pouvait dépendre de lui, l’exécution des arrangemens arrêtés.

C’est dans cet esprit que je vous engage aussi à entretenir au sujet de la réponse du Sénat tant M(onsieu)r le Prince de Polignac que Messieurs les Ambassadeurs de Russie et d’Angleterre.

Je me trouve ici dans le but de régler quelques affaires avec les φ. lv habitans de certains villages de l’Arcadie qui semblent / maintenant peu disposés à payer comme ils l’ont fait jusqu’ici les impôts. Je crois qu’en m’expliquant avec leurs primats je parviendrai à applanir toutes les difficultés. Elles ne sont que le résultat d’insinuations malveillantes, et si je réussis à en découvrir la source, j’aurai atteint par ce voyage deux fins. L’ordre sera maintenu sans l’emploi de mesures correctives et le principe du mal sera extirpé dans sa racine.

Il se peut que les Agens de S(a) M(ajesté) T(rès) C(hrétienne) en Grèce informent à cette occasion le Ministère du mouvement de 4 bataillons de Roméliotes que je fais arriver dans le Péloponèse. Par cette mesure j’ai voulu d’une part montrer à ceux de la Péninsule qui voudraient donner l’exemple de l’insubordination, que le Gouvernement a les moyens de les réprimer. D’autre part à la veille peut être de devoir exécuter les clauses relatives à la délimitation dans la Grèce Occidentale, j’ai crû y préparer les voies par la translocation de troupes exclusivement composées d’habitans de ces provinces.

Je ne me dissimule pas l’impression que peut produire sur l’esprit des Péloponnésiens l’apparition de 1.500 soldats Roméliotes. Je compte néanmoins sur toutes les mesures que j’ai prises et que je prendrai pour la rendre favorable et prouver en même tems aux étrangers qui nous observent que ces troupes peuvent se plier à l’ordre et à la discipline.

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Cette grande tâche a déjà été entreprise par M(onsieur) le Général Gérard, et jusqu’ici ses efforts sont loin d’avoir été infructueux. Si vous avez l’occasion d’entretenir de ces détails M(onsieu)r le P(rince) de Polignac, vous lui exprimerez combien je suis satisfait du zèle et de l’activité de M(onsieu)r Gérard, et combien je désire que la direction de toute la branche militaire lui soit confiée exclusiv ement.

Messieurs les Représentans des trois Cours à Constantinople viennent d’envoyer en Grèce, chacun d’eux un de leurs Secrétaires. Ces Messieurs semblent être mis à la disposition de Mess(ieur)s les Résidens afin qu’ils φ. 2r puissent les employer / dans les affaires difficiles de la délimitation. J’ai eu à ce sujet un entretien avec Messieurs les Résidens, et nous sommes convenus que la meilleure manière d’utiliser dès ce moment ces trois employés diplomatiques était celle de leur procurer l’occasion de préparer les voies à l’exécution des mesures arrêtées par le Protocole.

Les garnisons de l’Acropole et de l’Eubée ne sont nullement disposées à se retirer à moins que le Sultan ne leur fasse payer leurs arrérages.

Omer Pacha ainsique les Turcs propriétaires à Négrepont élèvent aussi des difficultés à raison de celles qu’ils rencontrent dans la vente de leurs immeubles, et ils sont considérables.

Nul doute qu’au moment où les Amiraux et les Résidens presseront les Pachas à se retirer ils n’opposent l’impossibilité où ils se trouvent de persuader leurs soldats à les suivre et la position où les place le manque de personnes solvables qui veuillent ou puissent acheter leurs terres. Que feront alors les Amiraux et les Résidens? Je l’ignore, mais je suppose qu’ils devront rendre compte à leurs Cours de ces difficultés et demander de nouveaux ordres. Il me paraît conséquemment utile de prévoir cette chance, et de solliciter dès ce moment les autorisations nécessaires pour la prévenir. C’est dans cette vue que j’ai fait à Mess(ieurs) les Résidens la proposition suivante.

Il est impossible qu’en peu de tems les propriétaires turcs trouvent des acheteurs pour leur vendre leurs terres ainsique les biens des Mosquées. Cette grande transaction ne peut s’effectuer aussi promptement qu’il le faut que par le Gouvernement Grec, et je serai disposé à le faire si j’avais des fonds et du crédit. Les Cours Alliées peuvent les lui fournir à compte de l’emprunt et pour ce cas, si le Pacha de Negrépont y consent, je suis prêt à y envoyer des Commissaires qui procéderaient en attendant à l’estimation de ces biens et au projet de transaction qui serait relatif à leur achat par le Gouvernement Grec.

J’ai prié conséquemment Messieurs les Résidens de soumettre cette proposition à leurs Cours et de demander éventuellement l’argent et

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le crédit sans lesquels je persiste à croire que les Turcs n’évacueront pas ni l’Eubée ni l’Acropole.

Cette proposition a été accueillie, mais je ne puis pas vous dire φ. 2V que Messieurs / les Résidens soient tombés d’ accord pour en écrire à leurs Cours. Quant aux opérations plus difficiles et plus dangereuses qu’exige la délimitation dans la Grèce Continentale, j’ai pris la liberté de proposer à Mess(ieurs) les Résidens de se mettre en rapport avec le Visir Redschid Pacha. Le Gouvernement Grec ne saurait abandonner l’Acarnanie et l’Etolie sans connaître d’avance quelle autorité prendra sous sa protection ces provinces. En les livrant aux habitans, quelques Capitaines Armatoles s’en empareraient, et alors le Gouvernement Grec ne pourrait plus répondre des conséquences.

D’autre part les nouvelles que nous avons du voisinage de l’Acarnanie ne sont pas satisfaisantes. Le Visir n’était arrivé qu’à Bitollia et là il tâchait de calmer l’effervescence et les émeutes des Albanais.

Messieurs les Résidens ont paru approuver mes observations sur cette partie de leurs travaux, et au moment de mon départ de Nauplie ils se proposaient de s’en occuper.

Je vous donne à la hâte ces détails pour que vous les portiez, mon Prince, à la connaissance de S(on) E(xcellence) M(onsieur) de Polignac et de Mess(ieurs) les Ambassadeurs d’Angleterre et de Russie. Vous en écrirez aussi à M(onsieu)r le Comte de Matussevitz en lui transmettant le billet ci-joint. Veuillez aussi remettre à M(onsieu)r le Comte Pozzo di Borgo la lettre que je lui adresse.

Je joins ici quelques mots que je vous prie d’envoyer à M(onsieu)r le Chev(alier) Eynard.

Je vous réitère, mon Prince, l’assurance de ma considération distinguée.

( signature )

Εν Μεθώνη, τη 27 Ιουλίου/8 Αυγούστου 1830

Έλαβον, Πρίγκιψ μου, την υπ’ αριθμόν 3 αναφοράν σας. Αι ειδήσεις τας οποίας περιλαμβάνει είχον ήδη φθάσει απ’ ευθείας εξ Αλγερίου προς τον υποναύαρχον κύριον Δεριγνύ. Εχάρην διά την λαμπράν επιτυχίαν της αποστολής και πάντοτε θα συμμετέχω θερμώς και ειλικρινώς εις όλα όσα θα ημπορούν να συμβάλουν εις την δόξαν της Αυτού Χριστιανικής Μεγαλειότητος, του στρατού της και της Γαλλίας.

Ο κύριος Ρίζος θα σας αποστείλη την απάντησιν την οποίαν μόλις μου

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απηύθυνεν η Γερουσία διά τας τελευταίας ανακοινώσεις μου, ως και το σημείωμα διά του οποίου κοινοποιώ ταύτα προς τους κυρίους Πληρεξουσίους των Συμμάχων Αυλών. Οι Κύριοι ούτοι ενδιεφέροντο πολύ να ιδούν την Γερουσίαν, αντιλαμβανομένην την σκοπιμότητα, η οποία ωδήγησε την Κυβέρνησιν εις την απάντησίν της προς τον πρίγκηπα Λεοπόλδον, να εκφράζη την ευχήν διά την όσον το δυνατόν ταχυτέραν εκλογήν του Πρίγκηπος Μονάρχου. Οι όροι διά των οποίων η Γερουσία εξεπλήρωσε το καθήκον της ανταπεκρίθησαν απολύτως εις τας προσδοκίας των Κυρίων Πληρεξουσίων, και επιθυμώ να ελπίζω ότι αι αναφοραί τας οποίας ούτοι θα απευθύνουν προς τας Κυβερνήσεις των εις την περίπτωσιν ταύτην, θα αποδείξουν ακόμη μίαν φοράν ότι κατά την διάρκειαν των διαπραγματεύσεων αυτών η Ελληνική Κυβέρνησις εξετέλεσε το καθήκον της, εις τρόπον ώστε να διευκολύνη όσον εξηρτάτο εξ αυτής, την εκτέλεσιν των αποφασισθέντων διακανονισμών.

Εν τω πνεύματι τούτω αναθέτω και εις υμάς να ενημερώσητε, τόσον τον πρίγκηπα κύριον De Polignac όσον και τους κυρίους πρέσβεις της Ρωσίας και της Μεγάλης Βρετανίας, περί της απαντήσεως της Γερουσίας.

Ευρίσκομαι εδώ με τον σκοπόν να ρυθμίσω ωρισμένα ζητήματα μετά των κατοίκων χωρίων τινών της Αρκαδίας, οι οποίοι φαίνονται τώρα ολίγον διατεθειμένοι να πληρώσουν τους φόρους των, ως έκαμον μέχρι στιγμής. Πιστεύω ότι εάν εξηγηθώ μετά των προκρίτων των θα κατορθώσω να εξομαλύνω απάσας τας δυσχερείας. Διότι αύται είναι αποτέλεσμα κακοπιστών υπαινιγμών, και εάν κατορθώσω να αποκαλύψω την πηγήν, θα έχω επιτύχει διά του ταξιδίου τούτου δύο σκοπούς. Η τάξις θα διατηρηθή άνευ της χρησιμοποιήσεως επανορθωτικών μέσων και η αιτία του κακού θα αποκοπή από την ρίζαν της.

Είναι πιθανόν οι πράκτορες της Αυτού Χριστιανικής Μεγαλειότητος εις την Ελλάδα να πληροφορήσουν επί τη ευκαιρία το Υπουργείον περί της μετακινήσεως τεσσάρων ταγμάτων των Ρουμελιωτών, τους οποίους μεταφέρω εις την Πελοπόννησον. Διά του μέτρου τούτου ηθέλησα αφ’ ενός να δείξω ότι η Κυβέρνησις έχει τα μέσα να καταστείλη οιονδήποτε κίνημα εις όσους εκ των κατοικούν της Χερσονήσου θα επεθύμουν να δώσουν το παράδειγμα της απειθαρχίας. Αφ’ ετέρου, επειδή ίσως ευρισκόμεθα εις τας παραμονάς της ημέρας κατά την οποίαν θα πρέπει να εκτελέσωμεν τους όρους τους σχετικούς προς την οροθέτησιν της Δυτικής Ελλάδος, εθεώρησα ότι ήτο ορθόν να προετοιμάσω την οδόν διά της μεταφοράς στρατευμάτων αποτελουμένων αποκλειστικώς υπό κατοίκων των περιοχών εκείνων.

Δεν τρέφω αυταπάτας διά την εντύπωσιν την οποίαν ημπορεί να προξενήση εις το πνεύμα των κατοίκων της Πελοποννήσου η εμφάνισις των χιλίων πεντακοσίων Ρουμελιωτών στρατιωτών. Υπολογίζω πάντως επί όλων των μέτρων τα οποία έλαβον και τα οποία πρόκειται να λάβω διά να καταστήσω την παρουσίαν των αποδεκτήν και ταυτοχρόνως να αποδείξω εις τους αλλοδαπούς, οι οποίοι μας παρακολουθούν, ότι τα στρατεύματα ταύτα ημπορούν να συμμορφωθούν εις την τάξιν και την πειθαρχίαν.

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Το δύσκολον τούτο καθήκον ανελήφθη ήδη παρά του στρατηγού κυρίου Gérard, και μέχρι στιγμής αι προσπάθειαί του απέδωσαν καρπούς. Εάν έχητε την ευκαιρίαν να ενημερώσητε περί των λεπτομερειών τούτων τον πρίγκηπα κύριον De Polignac, θα του εκφράσητε την μεγάλην μου ικανοποίησιν διά τον ζήλον και την ενεργητικότητα του κυρίου Gérard, και πόσον επιθυμώ να του ανατεθή αποκλειστικώς η διοίκησις άπαντος του στρατιωτικού κλάδου.

Οι κύριοι Αντιπρόσωποι των τριών Αυλών εις Κωνσταντινούπολη/ μόλις απέστειλον εις Ελλάδα ένα εκ των Γραμματέων των ο καθείς. Οι Κύριοι ούτοι φαίνεται ότι ετέθησαν εις την διάθεσιν των Κυρίων Πληρεξουσίων, ώστε να ημπορούν να τους χρησιμοποιήσουν οι τελευταίοι εις το δύσκολον έργον της οροθετήσεως. Περί του θέματος τούτου συνωμίλησα μετά των Κυρίων Πληρεξουσίων και εμείναμε σύμφωνοι περί του ότι ο καλύτερος τρόπος διά να απασχοληθούν οι τρεις ούτοι διπλωματικοί υπάλληλοι από τούδε είναι να τους παράσχωμεν την ευκαιρίαν να προετοιμάσουν την οδόν διά την εκτέλεσιν των μέτρων τα οποία περιλαμβάνονται εις το Πρωτόκολλον.

Αι φρουραί της Ακροπόλεως και της Εύβοιας ουδόλως είναι διατεθειμέναι να αποσυρθούν εκτός εάν ο Σουλτάνος πληρώσει τους καθυστερουμένους μισθούς των.

Ο Ομέρ Πασάς ώς και οι Τούρκοι γαιοκτήμονες εις Εύβοιαν προσθέτουν δυσκολίας, διότι και οι ίδιοι συναντούν πολλάς εις την πώλησιν των ακινήτων των, και είναι σημαντικοί.

Ουδεμία αμφιβολία υπάρχει διά το ότι, κατά την στιγμήν κατά την οποίαν οι Ναύαρχοι και οι Πληρεξούσιοι θα πιέσουν τους Πασάδες να αποσυρθούν, ούτοι θα αντιτάξουν την αδυναμίαν εις την οποίαν ευρίσκονται διά να πείσουν τους στρατιώτας των να τους ακολουθήσουν, ώς και την θέσιν εις την οποίαν τους τοποθετεί η έλλειψις εύπορων ατόμων, τα οποία να επιθυμούν ή να ημπορούν να αγοράσουν τας γαίας των. Τι θα κάμουν τότε οι Ναύαρχοι και οι Πληρεξούσιοι; Το αγνοώ, αλλά υποθέτω ότι θα πρέπει να αναφέρουν εις τας Αυλάς των τας δυσχερείας και να ζητήσουν νέας οδηγίας. Μου φαίνεται λοιπόν χρήσιμον να προβλέψωμεν το ενδεχόμενον τούτο, και να ζητήσωμεν από τούδε τας αναγκαίας εξουσιοδοτήσεις διά να προλάβωμεν την εκδήλωσιν των δυσχερείων τούτων. Επί τω σκοπώ τούτω έκαμα εις τους κυρίους Πληρεξουσίους την ακόλουθον πρότασιν.

Είναι αδύνατον να ανεύρουν οι Τούρκοι γαιοκτήμονες εντός συντόμου χρονικού διαστήματος αγοραστάς διά να τους πωλήσουν τας γαίας των ως και τας εκκλησιαστικάς περιουσίας. Η μεγάλη αύτη συναλλαγή δεν ημπορεί να περατωθή όσον συντόμους οφείλει να γίνη αύτη παρά διά μέσου της Ελληνικής Κυβερνήσεως, και θα ήμην διατεθειμένος να το κάμω, εάν διέθετον χρηματικόν κεφάλαιον και πίστωσιν. Αι Σύμμαχοι Αυλαί ημπορούν να παράσχουν ταύτα εις την Ελληνικήν Κυβέρνησιν εις λογαριασμόν του δανείου και εις την περίπτωσιν ταύτην, εάν ο Πασάς της Χαλκίδος συγκατατίθεται, είμαι έτοιμος να αποστείλω επί τόπου Επιτρόπους, οι οποίοι εν τω μεταξύ θα προ-

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έβαινον εις την εκτίμησιν των ακινήτων και εις το σχέδιον της συναλλαγής, το οποίον θα ήτο σχετικόν προς την αγοράν των υπό της Ελληνικής Κυβερνήσεως.

Παρεκάλεσα λοιπόν τους κυρίους Πληρεξουσίους να υποβάλουν την πρότασιν ταύτην εις τας Αυλάς των και να ζητήσουν ενδεχομένως τα χρήματα και την πίστωσιν άνευ των οποίων επιμένω να πιστεύω ότι οι Τούρκοι δεν θα εκκενώσουν ούτε την Εύβοιαν ούτε την Ακρόπολιν.

Η πρότασις αύτη εγένετο δεκτή, δεν ημπορώ όμως να σας είπω ότι οι Κύριοι Πληρεξούσιοι συνεφώνησαν να γράψουν σχετικώς προς το θέμα τούτο εις τας Αυλάς των. Όσον αφορά εις τας πλέον δυσκόλους και πλέον επικινδύνους επιχειρήσεις τας οποίας απαιτεί η οροθέτησις εις την Ηπειρωτικήν Ελλάδα, έλαβον το θάρρος να προτείνω εις τους κυρίους Πληρεξουσίους να συνεννοηθούν μετά του Βεζύρη Bedschid Pacha. Η Ελληνική Κυβέρνησις δεν θα ημπορούσε να εγκαταλείψη την Ακαρνανίαν και την Αιτωλίαν χωρίς να γνωρίζη προηγουμένως ποία εξουσία θα αναλάβη υπό την προστασίαν της τας περιοχάς αυτάς. Διότι εάν εγκαταλείψη ταύτας εις τους κατοίκους της, θα τας καταλάβουν ωρισμένοι αρματολοί καπεταναίοι και εις την περίπτωσιν αυτήν η Ελληνική Κυβέρνησις δεν θα είναι υπεύθυνος διά τα αποτελέσματα.

Εξ άλλου, αι ειδήσεις τας οποίας εχομεν εκ της γειτονικής προς την Ακαρνανίαν περιοχής δεν είναι ικανοποιητικαί. Ο Βεζύρης έφθασε μόνον μέχρι των Βιτωλίων και εκεί προσπαθεί να ηρεμήση τα εξημμένα πνεύματα και τα κινήματα των Αλβανών.

Οι Κύριοι Πληρεξούσιοι εφάνησαν ότι αποδέχονται τας παρατηρήσεις μου σχετικώς προς αυτό το τμήμα των εργασιών των, και κατά την στιγμήν της αναχωρήσεώς μου εκ Ναυπλίου ήσαν διατεθειμένοι να ασχοληθούν με τούτο.

Σας δίδω τας λεπτομερείας αυτάς εν τάχει, Πρίγκιψ μου, ώστε να τας γνωστοποιήσητε προς την Αυτού Εξοχότητα τον κύριον Polignac και προς τους Κυρίους Πρέσβεις της Μεγάλης Βρετανίας και της Ρωσίας. Θα γράψητε επίσης σχετικώς προς τον κόμητα κύριον Matussevitz αποστέλλων εις εκείνον το συνημμένον σημείωμα. Σας παρακαλώ επίσης να εγχειρίσητε προς τον κύριον κόμητα Pozzo Di Borgo την επιστολήν την οποίαν του απευθύνω.

Επισυνάπτω εδώ ολίγας λέξεις τας οποίας σας παρακαλώ να αποστείλητε εις τον ιππότην κύριον Εϋνάρδον.

Σας επαναλαμβάνω, Πρίγκηψ μου, την επιβεβαίωσιν της διακεκριμένης υπολήψεώς μου.

(υπογραφή)

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Μουσείο Μπενάκη, αρχείο 46 (Σούτσου-Καρατζά), φ. 19, 1 δίφυλλο (αρ. 801) 25,3x20,1 εκ. και Correspondance, τ. IV, σ. 105-107.

[Ο Καποδίστριας ενημερώνει τον πρίγκηπα Μ. Σούτσο για τις απόψεις του σχετικά με τις επιπτώσεις που θα έχει η εφαρμογή της οροθετήσεως].

A Monsieur le Prince M. Soutzo etc. etc. à Paris.

Modon, le 30 juillet/11 août 1830

Avant de quitter Modon, je suis bien aise de vous donner, mon Prince, une nouvelle occasion de rendre service à la Grèce et de prouver encore une fois aux Cours Alliées que le Gouvernement désire justifier la confiance dont Elles l’honorent.

Dans les explications que j’ai eues avec Messieurs les Résidens sur les mesures qu’il faudrait prendre pour prévenir ou du moins pour mitiger les conséquences funestes de la délimitation, j’ai souvent insisté sur la nécessité de placer cette opération difficile et dangereuse sous la sauvegarde de l’autorité et de la puissance des Cours Alliées. J’ai observé à Mess(ieurs) les Résidens que les Commissaires délimitateurs représenteraient l’une et que les bâtimens de guerre des trois stations et les troupes françaises pourraient représenter utilement l’autre.

C’est dans cette vue que j’ai demandé à M(onsieu)r le Général Schneider si au moment où il s’agira de rendre aux Turcs les provinces de l’Acarnanie et de l’Etolie, il pourrait mettre une forte garnison à Patras et dans le château de Morée. De cette position les troupes françaises pourraient se porter à Lepante, à Missolongi et partout où le besoin l’exigerait.

Le Général Schneider a reconnu avec moi l’importance de cette mesure, mais il m’a témoigné les regrets qu’il éprouve d’être dans l’impossibilité de l’adopter à raison du peu de troupes qu’il a à sa disposition./

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    soit qu’une négligence de sa part, mais elle est bien malheureuse; et comme ces accidents se renouvellent presque à chaque courrier qui arrive de France, je dois vous réitérer la prière de m’adresser vos lettres par la voie du commerce, ou par Marseille, ou par l’Italie.

    Dieu vous rendra, mon cher Eynard, le bien que vous faites à ce pays. Vos 340.000 francs me mettent hors d’embarras et d’angoisse pour le mois de juin et peut-être aussi pour le mois de juillet.

    Persévérez dans vos démarches, et faites en sorte que les secours que vous avez sollicités arrivent; mais je le répète, qu’ils ne tardent pas au delà de quelques jours du mois d’août.

    Je vais m’occuper de l’idée que vous m’annoncez. Il n’est pas aussi facile que vous le pensez de porter le sénat ou les provinces à prendre l’initiative sur le choix du souverain. Cependant je tâcherai de tirer parti des adresses que les provinces viennent de m’envoyer. Je verrai quelle est la communication que je pourrai faire, pour bâter les décisions définitives des cours alliées.

    Sans doute les deux candidats qui paraissent en première ligne, c’est-à-dire le prince Frédéric des Pays-Bas et un prince de Bavière, doivent également réunir les suffrages de la Grèce. L’un est déjà trèsavantageusement connu dans ses états, et par la place éminente qu’il occupe, et par les immenses services qu’il a rendus à la Hollande. L’autre a pour lui la reconnaissance qu’inspirent aux Grecs les bienfaits et l’intérêt bienveillant que leur a prodigués le roi de Bavière. Je verrai sous peu de jours si je puis adresser sur ces grandes questions un mémoire aux cours alliées. En attendant, je vous autorise à vous servir du peu de mots que je vous adresse à cet égard, là où vous jugerez le plus utile.

    21

    ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

    Correspondance, τόμος IV, σ. 67 - 69.

    [Ο Καποδίστριας ενημερώνει τον Εϋνάρδο για τις αντιδράσεις που προκαλεί στο εσωτερικό της χώρας η παραίτηση του πρίγκηπα Λεοπόλδου του